Congo : populations locales lésées et forêt des bonobos en danger

Actualité - 22 mai, 2012
Une enquête de terrain de Greenpeace démontre, à nouveau, l’impact dévastateur de l’industrie illégale du bois au Congo. L’enquête concerne une partie de la forêt congolaise où l’on trouve beaucoup de bonobos. Mais cet impact dévastateur ne se fait pas uniquement sentir sur l’environnement, les populations locales sont les premières lésées par les illégalités commises par l’industrie.

Un nouveau rapport publié par Greenpeace et l’organisation congolaise RRN (Réseau Ressources Naturelles) dénonce ces illégalités. Un exemple ? Une entreprise a bénéficié de 11 permis d’abattage alors que la législation en vigueur prévoit qu’une compagnie forestière ne peut pas en disposer de plus de deux !

Illégalités à gogo

La confusion règne également entre les coupes forestières industrielles et artisanales. Les autorisations de coupe délivrées aux entreprises artisanales devraient offrir de l’embauche exclusivement aux travailleurs congolais mais les enquêteurs de Greenpeace ont vu des travailleurs chinois, libanais à la tâche ! 

Cette situation est particulièrement préoccupante quand on sait que les populations locales sont les premières victimes de cette absence de bonne gouvernance : leur forêt est saccagée par des tiers et le fruit de cette exploitation leur échappe totalement.

Législation plus sévère en Europe

Le changement attendu au sein de l’Union européenne l'année prochaine ouvre des perspectives si l’industrie et les autorités congolaises s’y adaptent. En effet, en mars 2013, une nouvelle législation forestière européenne entrera en vigueur. L’industrie du bois se verra imposer des amendes et des sanctions en cas de violation de l’interdiction de commerce de bois illégal. Pour Greenpeace, les États membres doivent veiller à ce que les sanctions et les contrôles soient renforcés partout. Sans quoi, le bois illégal pourra continuer à être importé par la porte dérobée de l’UE.

Quant au WWF – qui a largement investi dans la province du Bandundu pour y développer entre autres un projet d’écotourisme respectant l'habitat naturel des bonobos – il ne peut que partager les craintes de Greenpeace. 

Greenpeace et le WWF se sont associés pour demander à l’industrie forestière et aux importateurs de bois d’assainir le secteur en cessant toute importation et commerce de bois abattu illégalement.

Le rapport publié par Greenpeace est disponible ici.


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