Crime de lèse-majesté au Danemark : et la liberté d'expression dans tout ça ?

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Actualité - 9 mars, 2011
Onze militants de Greenpeace - dont un Belge - sont traduits en justice au Danemark pour s'être invités au dîner de Gala de la Reine, lors du Sommet de Copenhague en décembre 2009. Le ministre de la Justice vient en outre d'approuver le recours à une clause obscure du droit danois concernant des faits commis en présence de membres de la famille royale danoise. Ce recours est d'autant plus absurde que c'est visiblement la première fois que cette clause légale est invoquée... Pratiquement, une fois appliquée, cette clause vient alourdir les charges requises.

Notre "délégation" pendant le dîner de gala de la Reine du Danemark.

Charges disproportionnées

Onze personnes originaires de huit pays vont être traduites devant la justice danoise et risquent emprisonnement et amendes. Les charges requises semblent plus que jamais disproportionnées. Greenpeace estime, en effet, que le droit de manifester pacifiquement mérite d'être reconnu partout dans le monde. Kumi Naidoo, son directeur général, rappelle par ailleurs que "le véritable crime a été commis par les décideurs poliitiques du monde entier puisqu'ils ont toléré l'échec des négociations internationales sur le climat. Un crime qu'ils perpétuent aujourd'hui. La capacité de mener pacifiquement des mouvements de protestation est une notion fondamentale qui a entre autres permis de grandes avancées en matière de justice sociale et d'égalité des droits."

Pour rappel, deux militants avaient, en décembre 2009, déployé une banderole sur le tapis rouge menant au dîner de Gala de la Reine du Danemark. On pouvait y lire le slogan : "Politicians talks - Leaders act - Les politiciens discutent, les leaders agissent". On peut aujourd'hui s'interroger sur la manière dont certains politiciens agissent à l'encontre de citoyens militant pour le bien commun... Le Danemark a, en effet, une image d'état démocratique modèle mais la décision de son ministre de la Justice vient aujourd'hui de l'écorner sérieusement.

La Belgique aussi criminalise les militants

En Belgique également, on observe cette tendance à la criminalisation du militantisme. Une action similaire menée, quelques jours avant le début du Sommet de Copenhague, se solde aujourd'hui par un procès à l'encontre de militants de Greenpeace.
Le verdict sera rendu au tribunal correctionnel de Bruxelles, le 17 mars prochain. Lors de son réquisitoire, le procureur a réclamé une peine de 1 mois de prison et 1.100 euros d'amende à l'encontre des militants (deux Belges figurent parmi les inculpés, les autres viennent de France, des Pays-Bas et du Royaume-Uni). Face à une telle disproportion entre les faits commis et la réaction judiciaire, la vigilance est dès lors plus que jamais de mise.

En février dernier, Greenpeace et Amnesty International réunissaient en Belgique des spécialistes des questions liées à  la liberté d'expression pour un après-midi de réflexion qui s'est révélé très fructueux. 70 experts internationaux se réuniront prochainement à Copenhague pour y poursuivre le débat en présence de Kumi Naidoo. La démocratie et la liberté d'expression sont des valeurs à défendre. Greenpeace s'y emploie.

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