DEME a choisi : l’argent plutôt que l’environnement

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Actualité - 4 août, 2014
Alors que l’impact des travaux de dragage que mènera DEME en Arctique russe n’a pas encore été suffisamment étudié, l’entreprise belge est en passe de rejoindre Yamal pour contribuer à la construction du port Sabetta. Greenpeace exige de DEME qu’elle revoie sa position et annule ses activités arctiques. Car le projet Sabetta est en totale contradiction avec les normes environnementales élevées que l’entreprise prétend appliquer.

Le juteux contrat plutôt que le respect de ses prétendues valeurs. Entre les deux, le cœur de DEME semble ne pas avoir balancé longtemps. L’entreprise belge a en effet pris la direction de l’Arctique russe, où elle contribuera à la construction du port Sabetta. Une structure portuaire tout à fait capitale pour les Russes, qui visent à exploiter puis à exporter pétrole et gaz de la région arctique. Avec nos collègues du WWF, nous avons pourtant pointé toutes les incohérences du projet et les risques qui y sont liés, notamment pour la faune locale. DEME a malgré tout choisi de ne pas annuler ses activités dans la péninsule de Yamal.

Pour nous, c’est évident : l’entreprise commet là une grave erreur et doit, au plus vite, revoir sa position. Depuis le lancement de notre campagne publique au mois de juin, nous avons rencontré des représentants du groupe DEME, nous leur avons fait part de notre point de vue et rappelé qu’il est tout simplement impossible d’opérer de manière durable en Arctique. Le Pôle Nord est essentiel pour notre équilibre climatique, il doit être protégé. Mais ça, DEME ne semble pas s’en soucier.

Lors de nos rencontres avec l’entreprise, qui appartient au groupe Ackermans & van Haaren, nous avons pris connaissance de son plan environnemental pour ses travaux de dragage en Arctique. Il ne nous a absolument pas convaincu. Trop de points d’interrogations subsistent, en particulier sur les conséquences qui frapperaient les espèces de baleines menacées ! Où sont donc les normes environnementales élevées que DEME prétend appliquer ?

En acceptant d’apporter sa pierre à l’édifice russe alors que l’impact potentiel du dragage à Yamal n’a pas encore été suffisamment étudié, DEME s’engage dans un projet qui pourrait avoir des conséquences écologiques catastrophiques ! Un nouveau rapport environnemental pour l’ensemble du projet Sabetta doit, en effet, arriver sur la table à la fin de ce mois, avant qu’une consultation publique n’ait lieu en Russie. Il est absolument primordial, pour la région et son écosystème, d’en tenir compte. DEME a pourtant fait le choix de ne pas attendre. Encore une fois, on est plus qu’en droit de s’interroger sur les réelles valeurs environnementales que prétend véhiculer l’entreprise.

Et on s’interroge deux fois plus quand on sait que l'assureur-crédit à l'exportation public belge Ducroire a déjà indiqué vouloir soutenir les activités de DEME à Yamal ! Après avoir accordé une assurance-crédit à la grande exportation à Jan De Nul Group, actif en Arctique en 2012 et 2013, Ducroire récidive ! Sans se poser de question, sans s’inquiéter des véritables risques écologiques liés au projet Sabetta… et tout ça avec l’appui du contribuable, qui se retrouve impliqué dans un projet destructeur alors qu’il n’a rien demandé. Ducroire est-il à ce point inconscient ? Est-il à ce point incapable de tirer les leçons des erreurs commises avec Jan De Nul ?

Aucune assurance-crédit, qui plus est avec le soutien du contribuable, ne peut être octroyée pour couvrir des activités aussi risquées que celles de DEME en Arctique. Nous attendons des autorités belges qu’elles encouragent la protection de l’Arctique et non son exploitation et sa destruction. Et DEME ? Si elle veut être fidèle à ses « normes environnementales élevées », l’entreprise n’a qu’une seule option : annuler sa contribution au projet Sabetta et se placer du côté des défenseurs de l’Arctique !

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