Des entreprises torpillent l'effort climatique international

Greenpeace lance l'offensive avant Durban

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Actualité - 24 novembre, 2011
Intitulé "Who is Holding us back ?" (NDLR : Qui est-ce qui nous freine ?), le nouveau rapport de Greenpeace détaille comment des multinationales affichent leur préoccupation pour le climat tout en mettant des bâtons dans les roues des législations progressistes. BASF et Arcelor Mittal, deux ténors de l'industrie solidement implantés en Belgique, sont épinglés.

Le moyen le plus courant pour empêcher l'adoption d'une législation climatique ambitieuse au niveau international, est de faire pression sur un pays qui joue un rôle clé dans les négociations. Depuis plusieurs années, les efforts des grandes entreprises conservatrices se sont concentrés sur certains pays comme les Etats-Unis ou le Canada. Le rapport revient notamment sur le financement, par des entreprises européennes comme BASF ou GDF-Suez, de campagnes électorales de sénateurs américains climato-sceptiques. Cette tactique a hélas payé...  Aux élections américaines de mi-mandat, le sénat a basculé et le président Obama s'est retrouvé incapable de tenir ses promesses en matière de climat.

 

Tromper le grand public

Mais le problème peut venir aussi du poids que représentent certaines fédérations d'industries et le lobby qu'elles exercent sur les sphères gouvernementales. Cette action insidieuse peut s'exercer via des "think tanks", c'est-à-dire des cercles d'experts qui mettent par exemple sur pied des campagnes publicitaires trompeuses pour le grand public. Il peut également être question de "revolving doors", un phénomène qui concerne les échanges de cerveaux entre l'industrie et les sphères politiques... Ce type d'attitude s'observe partout dans le monde, des Etats-Unis en passant par l'Australie ou bien sûr l'Union européenne.

Ce sont ces fédérations d’entreprises et leurs membres les plus puissants qui ont empêché l'Europe d'adopter un objectif de réduction de gaz à effet de serre de 30% en lieu et place des 20% actuels. Jouant sur le spectre de la délocalisation et de la désindustrialisation, des fédérations comme Business Europe ou Eurofer ont contré cette décision. Or, leurs excuses pour ne pas avancer apparaissent bancales...  Plusieurs rapports dont ceux de la Commission européenne montrent qu'un objectif climatique plus ambitieux est non seulement nécessaire pour lutter contre les changements climatiques, mais qu'en plus il représente une opportunité économique pour l'Europe qui pourrait ainsi garder son leadership dans l'économie verte.

"Listen to the people not to the polluters"

Le lancement du rapport de Greenpeace à quelques jours de l'ouverture de la conférence internationale sur le climat de Durban n'est pas innocent. Ces entreprises, grandes émettrices de CO2, cherchent à influencer les négociations. Elles étaient présentes à Copenhague et à Cancun. Elles seront présentes à Durban.

Greenpeace appelle les gouvernements à écouter les populations qui risquent d'être affectées par les changements climatiques et non, les sirènes de ce lobby industriel peu enclin à évoluer : "Listen to the people not to the polluters". 

>> Rapport complet (en anglais)

>> Résumé exécutif du rapport (en anglais)


Michel Trutin dit:

j'aurais aimé lire le rapport (résumé) en français ! et merci a vous les lobby de la nature continuer de nous protégé

Posté 27 novembre, 2011 à 16:57 Signaler un abus Reply

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