Une action spectaculaire sur le site de Tour et Taxis, à Bruxelles. Un website spécifique permet de répérer les entreprises qui sont « In » ou « Out » de l'effort européen pour le climat.
Le tri entre les « leaders » et les « traînards » s'est fait à l'occasion de l'European Business Summit, une conférence organisée à Bruxelles, par la FEB, la fédération des entreprises belges et Business Europe. La réunion s'intitule : ' "Europe in the world: leading or lagging?” (NDLR : L'Europe dans le monde, à la pointe ou à la traîne) et a pour thème le leadership européen dans le monde... ou l'absence de celui-ci.
Le tri de Greenpeace s'est opéré autour d'un critère bien précis et actuel : l'acceptation d'un objectif de réduction de gaz à effet de serre porté à moins 30% d'ici 2020. L'Union européenne affiche aujourd'hui la volonté de réduire son CO2 de 20%. Ce qui est largement insuffisant. pour freiner l'impact du dérèglement climatique et éviter les coûts importants qui en découlent. De plus en plus de voix se prononcent pour augmenter cet objectif...
Le débat est très actuel parce que deux grands sommets européens se profilent en juin et en octobre 2011 et que les négociations internationales sur le climat reprendront en novembre à Durban (Afrique du Sud). L'échec de Copenhague doit être définitivement oublié, il faut aller de l'avant.
Les entreprises pèsent sur le politique
Pourquoi dans ce contexte institutionnel s'en prendre aux entreprises ? Tout simplement parce qu'elles exercent une influence importante sur la sphère politique notamment via leurs fédérations, c'est une voix qui compte. Les entreprises peuvent donc contribuer à orienter l'UE vers une action ambitieuse pour le climat.
Malheureusement, on dénombre beaucoup d'entreprises peu réceptives à l'enjeu climatique et à l'impact positif que la lutte contre le réchauffement planétaire peut avoir pour l'économie notamment via la création de nombreux emplois dans des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables. En refusant l'entrée de la conférence sur le leadership européen aux laggards (càd aux traînards), Greenpeace entend donner un signal clair à l'industrie : elle doit prendre les devants et rejoindre les entreprises qui se sont déjà prononcées pour un objectif de réduction des gaz à effet de serre de moins 30%.
Lutter pour le climat, c'est lutter pour l'économie
Face à des géants comme la Chine qui se profile comme un des champions mondiaux de l'énergie renouvelable, l'Union européenne a intérêt à ne pas perdre la main. Pour conserver son leadership, l'Union doit se prononcer pour le moins 30%. Plusieurs cercles d'entreprises défendent également cet objectif et leur nombre va croissant. Ces firmes qui font aujourd'hui preuve de leadership doivent être rejointes par celles qui renâclent encore aujourd'hui. Une économie libérée de l'emprise des énergies fossiles sera profitable à tous. On prévoit entre autres la création de 6 millions de jobs...
Qui est « In , qui est « Out » ?
C'est plus qu'une allusion à la chanson de Gainsbourg, c'est véritablement un outil de travail que Greenpeace a cherché à mettre sur pied. A l'inverse de Unilever, Danone, Sony ou Allianz, beaucoup d'entreprises hésitent encore à se prononcer pour un objectif européen ambitieux et ne se rendent pas compte que d'autres groupes industriels ont déjà pris le train européen et y occupent les wagons de 1ère classe : D'autres sont sur le quai ou s'occupent à torpiller l'effort européen : Microsoft, BP, VW.. Un website permet de voir dans quelle catégorie se place l'entreprise dont vous consommez quotidiennement les produits.
Et en Belgique ?
On compte beaucoup de laggards parmi les entreprises qui ont une forte accroche belge comme Solvay-Rhodia, Arcelor Mittal, ou encore Maersk.... Et des fédérations d'entreprises comme Voka, le réseau de l'entreprenariat flamand pèsent lourd sur des partis politiques comme le CD&V et son leader Kris Peeters. Le hic, c'est qu'ils sont appelés à jouer un rôle clé dans l'élaboration de la position belge au sein de l'UE.
Cette situation doit changer. La Belgique a beaucoup à gagner en contribuant à mettre l'Europe en pole position de la lutte pour le climat : une économie dynamisée, une plus grande indépendance énergétique, une économie substantielle sur les soins de santé (en évitant le coût des pathologies liées aux changements climatiques). Alors « In » ou « Out », la Belgique, Meneer Peeters ?