Elio, muscle-toi pour le climat !

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Actualité - 10 mars, 2014
Il y a quelques semaines, la Commission européenne a présenté sa nouvelle politique climat-énergie, avec les objectifs à atteindre d’ici 2030. Notre Premier Ministre Elio Di Rupo évoquera cette proposition en compagnie de ses collègues européens les 20 et 21 mars à Bruxelles, lors du prochain Conseil européen. Nous lui demandons de se muscler pour le climat et de plaider pour une politique climatique forte et ambitieuse en matière d’énergies renouvelables !

Demandez à notre Premier Ministre de « se muscler pour le climat ».

A l’heure actuelle, les objectifs fixés par l’Europe ne sont pas en mesure de faire face au défi que constitue le changement climatique. Le réchauffement planétaire se manifeste à une vitesse imprévue, nous en avons été à plusieurs reprises les témoins ces dernières années. Sans parler des conséquences catastrophiques qui ont suivi. On aurait pu croire que l’impact dévastateur de l’ouragan Sandy au cœur d’une ville comme New York aurait des répercussions sur les négociations internationales sur le climat. Ou que les précipitations extrêmes et les inondations en Europe de l’Ouest auraient réveillé les consciences de nos politiques. Non ?

Hélas. Prenons quelques chiffres : l’Europe veut, d’ici 2030, réduire de 40% ses émissions de CO2 (en comparaison avec 1990) et ce, grâce à des réductions en interne. On ne parle donc pas ici d’achat « d’air propre ». Ça a l’air bien, pourrait-on penser. Pourtant, le simple fait d’adopter un scénario « business as usual », soit une continuation de la politique actuelle, entraîne déjà une réduction de 32%. Bref, les efforts supplémentaires à fournir sont minimes…

Verhofstadt : « L’Europe doit être plus ambitieuse »

L’étude d’impact qui a précédé cette décision de la Commission (lisez ici le résumé) nous apprend pourtant qu’une politique climatique ambitieuse a bien des avantages : meilleure qualité de l’air et plus d’emplois par exemple. Des objectifs plus ambitieux peuvent, selon l’étude, créer 500.000 nouveaux jobs et faire gagner, pour toute l’UE, neuf millions d’années de vie grâce à une meilleure qualité de l’air.

Guy Verhofstadt, Premier Ministre belge de 1999 à 2008 et actuellement chef du groupe libéral au Parlement européen, rejoint cette analyseLui aussi plaide pour une politique climat-énergie plus ambitieuse en Europe. « Cela permettrait à l’Europe de sauver et de créer des emplois et de redevenir leader sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Si l’Europe n’adopte pas une position plus ambitieuse, elle commettra une erreur fondamentale », avance Guy Verhofstadt.

En étant trop peu ambitieuse, l’UE accepte de facto un réchauffement bien supérieur à 2°C. Une limite reconnue par de nombreux scientifiques et politiques comme le maximum absolu pour éviter que le climat ne s’emballe complètement. Pour rester en-dessous de ce réchauffement, les émissions au sein de l’UE doivent diminuer de 55% au moins d’ici 2030.

Et les énergies renouvelables ?

L’objectif en matière d’énergies renouvelables laisse lui aussi à désirer. Alors que Greenpeace demande 45% d’énergies renouvelables en 2030, l’Europe, elle, est favorable à une part renouvelable de 27%. Nous en sommes à 13% aujourd’hui et, même avec un scénario « business as usual », on atteindra facilement 24% en 2030. La croissance des énergies renouvelables devra en quelque sorte presque être freinée pour ne pas dépasser l’objectif que l’UE s’est fixée pour 2030. Sans oublier que cet objectif – contrairement à la période 2008-2020 – ne sera pas contraignant pour les Etats membres.

L’énergie la plus verte, à savoir celle que nous ne consommons pas, semble ne pas être une priorité pour l’Europe. L’efficacité énergétique est confinée au rang des options dans les nouveaux plans. Aujourd’hui déjà, les objectifs en matière d’économie d’énergie sont non-contraignants et peu de changements sont à prévoir dans ce domaine pour le moment.
Les réactions à propos du nouveau paquet climat-énergie proposé par la Commission sont évocatrices. Du point de vue de l’industrie (essentiellement le secteur intensif en énergie), tout le monde ou presque s’accorde pour dire que l’approche est « équilibrée ». En d’autres mots, les lobbyistes du secteur fossile ont bien mérité leur salaire…

Elio, nous comptons sur toi !

Si elle s’en tient à son plan initial, l’Europe ne pourra plus se profiler comme un leader international et hypothèquera sérieusement l’accord climatique ambitieux dont le monde a tant besoin.

Nous espérons donc de tout cœur que notre Premier Ministre Elio Di Rupo profitera du prochain sommet européen, qui se tiendra les 20 et 21 mars à Bruxelles, pour se positionner en tant que défenseur d’une politique climat-énergie plus forte sur notre continent.

Demandez à notre Premier Ministre de « se muscler pour le climat ».

2 commentaires Ajouter un commentaire

(Non-inscrit ) Nathalie dit:

Nous sommes tous que des humains, je pense que Greenpeace n'est pas contre les efforts de M Di Rupo et font de leur mieux pour protéger notre belle planète. Nous ne sommes pas toujours d'accord avec les métodes utilisées mais au moins il y a des actionset des réactions pour montrer que ca marche.

Posté 26 mars, 2014 à 8:14 Signaler un abus Répondre

(Non-inscrit ) pietvdvn dit:

"Bonjour" "Green" "Peace" Belgique,
Je suis socialiste et écologiste, je vous donne de l'argent, mais ...

Posté 17 mars, 2014 à 14:36 Signaler un abus Répondre

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