FSC : on efface tout et on recommence ?

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Actualité - 16 avril, 2013
Le label FSC est de plus en plus sur la sellette. An Lambrechts, notre chargée de mission Forêts plaide pour un label « revu et corrigé » qui pourrait ainsi garantir un bois véritablement durable.

Les attaques contre le label sont apparues, il y a plusieurs années déjà, notamment dans la presse belge. En août 2010, MO* magazine, une publication axée sur le social et l’international, publiait un article consacré à la société Veracel. Ce producteur de papier installé au Brésil bénéficie d’un label FSC qui n’aurait jamais dû être octroyé . Trois ans plus tard, le label ne lui a toujours pas été retiré et la réaction du Forest Stewardship Council (FSC) à ces plaintes a été extrêmement lente...

Le point de vue de Greenpeace

label fsc

Peut-on encore faire confiance au label FSC ? Un nombre croissant de personnes se posent en effet cette question avant d’acheter du bois ou du papier. On observe également une augmentation du nombre de rencontres sur la question. Bref, le label FSC fait aujourd’hui débat. An Lambrechts y participe régulièrement.
Et la question qu’on lui pose le plus souvent, c’est bien sûr celle de notre point de vue.

Qu’en pense Greenpeace ?

"On me la pose d’autant plus facilement que Greenpeace a contribué à la création du label. Nous avons nous aussi remarqué ces dernières années quelques fléchissements dans la certification et il nous est même arrivé de porter plainte. Notre intention était surtout d’éviter que le Forest Stewardship Council ne s’enfonce davantage, notamment au Congo où le risque de « mauvais » certificats est très grand..."
Son collègue Filip Verbelen a encore récemment tiré la sonnette d’alarme à ce propos.

En réalité, les indications que le label FSC applique parfois ses propres critères à la légère ne manquent pas. Il y a également d’autres indications que du bois suspect se retrouve labellisé FSC et pas seulement dans des pays lointains comme le Brésil ou le Congo... L’intégrité et la crédibilité du FSC risque en vérité de fondre comme neige au soleil. C’est ce qui ressort d’un récent rapport publié par Greenpeace.

Redresser la barre

Le problème est donc bien réel et il est grand temps d’exiger, une fois que l’on se trouve sur le terrain, une application plus stricte des critères débouchant sur la labellisation. Greenpeace attend également du FSC qu’il cesse d’attribuer des labels pour du bois originaire de forêts intactes qui abritent des trésors de biodiversité. Si ce label ne peut pas apporter des garanties suffisantes quant à l’approche des conflits sociaux et des atteintes aux droits de l’homme, il ferait mieux de ne pas se profiler dans des régions présentant ce type de risques. Il n’est par ailleurs pas admissible que des entreprises bénéficient pendant de longues périodes d’un régime de transition qui leur permet d’utiliser le nom du label même s’ils n’ont pas de certificat complet.

L’importance du label demeure

Zonder een integer FSC is er geen echt alternatief voor duurzaam hout zegt An Lambrechts, Greenpeace België


Il n’en reste pas moins vrai que le FSC reste le seul organe de certification pour une gestion durable des forêts un tant soit peu valable. . D’autres labels comme le PEFC tentent d’occuper le devant de la scène mais présentent encore moins de garanties et ce, tant au niveau de leur structure que des critères appliqués. Tout ceci est le résultat d’une demande croissante en bois durable. Le marché se montre toujours plus gourmand en bois durable mais rechigne à payer le prix.

Le marché ne fait pas tout

C’est précisément dans ce type de piège que le FSC est en train de tomber. Qu’un marché du bois durable se crée est essentiel. Que des entreprises en font leur choux gras et le promeuvent est aussi dans l’ordre des choses mais la durabilité ne doit pas se limiter à l'emballage. On ne doit pas se contenter de vendre du bois avec une petite étiquette verte sur l’emballage !

Les forêts ont un rôle clé à jouer dans la lutte contre le réchauffement planétaire, le maintien de la biodiversité et le bien-être quotidien de millions de personnes. Toutes ces valeurs sont trop importantes pour être laissées à la seule appréciation du marché…

Ce n’est qu’un début…

Tout porte dès lors à croire que dans un futur proche, il sera encore question de ce label. L’intention de Greenpeace n’est pas de laisser tomber le FSC mais bien de mettre tout en œuvre pour rendre ce label plus intègre et lui restituer son aura initiale. Sans ce sursaut d’intégrité, le FSC ne peut pas être considéré comme une vraie solution pour un bois vraiment durable.

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