Feu vert pour un essai en champ de pommes de terre OGM

Actualité - 4 mars, 2011
L'Université de Gand et le géant de la chimie BASF ont reçu le feu vert du gouvernement pour leur essai en champ de pommes de terre OGM. Selon de nombreuses organisations environnementales, cette décision implique un risque inutile pour l'environnement et la santé. Il s'agit, selon elles, d'un pas vers la commercialisation des pommes de terre transgéniques. Et c'est aussi la filière non-OGM qui risque d'être contaminée.

Feu vert à un essai en champ de pommes de terre OGM.

Ces organisations – dont Greenpeace et d'autres organisations de défense de l'environnement ou du secteur Nord Sud – estiment que les ministres Magnette et Onkelinx prennent un risque inacceptable et non-fondé. La législation européenne prévoit qu'un tel essai en champ ne peut être autorisé qu'en l'absence de danger pour l'environnement et la santé humaine. Les ministres ont basé leur décision sur l'avis positif rendu par le Conseil consultatif de biosécurité (CCB). Cet avis est loin d'être unanime.

Superflu

Trois experts ont marqué leur désaccord et mis en garde contre les risques liés à l'essai en champ. Ils ont insisté sur le fait que les pommes de terre OGM n'avaient pas été testées quant à leur toxicité, leurs caractéristiques allergènes ou tout autre effet toxique. Ils ont par ailleurs insisté sur le fait que la pomme de terre OGM contient un gène de résistance à des antibiotiques importants. Si l'essai en champ devait conduire à la dispersion de pommes de terre OGM dans l'environnement, rien ne permet actuellement d'en évaluer les conséquences. Les ministres avaient largement de quoi invoquer le principe de précaution pour refuser l'essai en champ.

La manipulation génétique devrait permettre aux pommes de terre OGM de résister au mildiou (Phytophthora infestans). Or, plusieurs variétés existantes de pommes de terre non transgéniques sont armées pour résister à cette maladie. Les pommes de terre OGM proposées par BASF n'ont donc aucune utilité. Les autorités et les instituts de recherche publics feraient mieux d'encourager le développement de variétés naturelles résistantes au Phytophthoras.

Des frites OGM ?

Les essais en champ constituent un pas important vers le développement d'OGM à des fins commerciales. Et cette commercialisation pourrait entraîner des contaminations génétiques au sein des filières bio et conventionnelles, avec des coûts supplémentaires à la clé.  Or, le consommateur n'est pas avide de frites OGM. 65% des Belges s'opposent à la nourriture transgénique. Malgré cela, des multinationales comme BASF n'ont de cesse de leur imposer ces organismes génétiquement modifiés. Et voici que les autorités belges les encouragent dans ce sens !

1686 personnes ont formulé des remarques critiques dans le cadre de la consultation publique préalable à la décision d'autorisation. Il semble aujourd'hui que les ministres n'ont fait que peu de cas de leurs préoccupations...