Actualité - 1 décembre, 2008
Après des mois de palabres, l'UE a conclu un accord extrêmement laxiste sur les émissions de CO2 des voitures neuves. L'Europe cède ainsi à la pression énorme exercée par le lobby automobile pour reporter et affaiblir les objectifs de réduction et pour réduire fortement les amendes en cas de non-respect des règles.
Les autorités européennes et le Parlement européen ont accepté
un accord dicté par la branche industrielle qu'elles sont supposées
réguler. L'objectif proposé (et déjà affaibli) de 130g CO2/km est
une nouvelle fois reporté de trois ans jusqu'en 2015, et à cause de
toute une série d'issues de secours et des amendes peu élevées, cet
objectif ne sera probablement même pas réalisé.
Même à long terme, la réglementation n'apporte pas grand chose.
L'accord final a fixé un second objectif de réduction de 95g CO2/km
pour 2020, mais le texte qui devait rendre cet objectif
contraignant a été supprimé de l'accord au tout dernier moment. Il
ne reste plus qu'un chiffre indicatif qui devrait être la cible à
son tour du lobby automobile durant la prochaine décennie.
Cette réglementation est devenue une coquille vide : le
secteurautomobile ne contribuera que peu, voire pas du tout, à la
lutte contrele changement climatique. D'autres secteurs devront en
supporter lesconséquences. Et le consommateur devra attendre encore
des années desvoitures vraiment économes.
Des intérêts nationaux
Des pays comme l'Allemagne et l'Italie ont tordu le cou à cette
réglementation en défendant les intérêts à courte vue de leurs
fabricants automobiles nationaux. Voilà qui ne constitue pas un bon
signe pour l'avenir du rôle de l'Europe dans la lutte
internationale contre le changement climatique. Le président
français Sarkozy, qui préside actuellement l'UE, voulait aller à
Poznan avec un mandat climatique fort pour les négociations
climatiques internationales. Mais cette concession faite à
l'industrie automobile met totalement en doute les véritables
ambitions climatiques de l'Europe.