Fukushima niveau 7 : les populations doivent être mieux protégées !

Poster un commentaire
Actualité - 12 avril, 2011
L'annonce officielle classant la catastrophe de Fukushima au niveau 7 sur l'échelle INES, càd d'une gravité égale à celle de Tchernobyl, n'est pas seulement intervenue trop tard, elle nécessite surtout une adaptation adéquate des mesures à prendre pour protéger les populations affectées.

Des niveaux de 4 microsieverts par heure ont été enregistrés dans une plaine de jeux de la ville de Fukushima.

L'annonce intervenue ce 12 avril par l'agence japonaise de la sécurité nucléaire doit s'accompagner de mesures additionnelles pour protéger la population et particulièrement les groupes les plus sensibles, à savoir les femmes enceintes et les jeunes enfants, notamment dans des zones densément peuplées de Fukushima et de Koriyama.

Trop souvent dans l'histoire du nucléaire civil, on a assisté à la sous-estimation de la gravité des conséquences des accidents. Au Japon, il a fallu un mois pour que l'ampleur de la tragédie soit reconnue. Fin mars, un expert mandaté par Greenpeace estimait déjà que le niveau 7 s'imposait.

Ce lundi 11 avril, l'équipe d'experts en radiations présente au Japon a fait connaître une nouvelle série de mesures qui incitent à réfléchir. Ils ont poursuivi leurs investigations autour de la zone d'évacuation actuelle et sont arrivés à la conclusion que des localités comme Iitate et Namie doivent être mieux protégées. Les tests y ont révélé une forte contamination au césium. En conséquence, Greenpeace a fermement invité les autorités japonaises à élargir la zone d'évacuation autour de la centrale.

« Les habitants de la zone autour de Fukushima sont exposés à des radiations de plus 5 millisieverts par an. Ce niveau est comparable avec le niveau observé, il y a 25 ans, à Tchernobyl et correspond au seuil d'évacuation appliqué en 1986, explique Rianne Teule qui fait partie de l'équipe de Greenpeace. »

Peu après la conférence de presse de Greenpeace, les autorités japonaises ont annoncé un élargissement à 30 km de la zone d'évacuation. Malgré tout, Greenpeace estime que des mesures complémentaires doivent encore être prises.

Potagers contaminés

Des niveaux de 4 microsieverts par heure ont été enregistrés dans une plaine de jeux de la ville de Fukushima et de 2,8 dans le cimetière de Koriyama. Ces valeurs sont suffisamment lourdes pour conclure à l'exposition après quelques semaines à la dose annuelle maximale. L'université de Kyoto a publié une étude démontrant que plus de 80% des radiations enregistrées dans ces localités sont provoquées par des isotopes de Césium dont la radioactivité pourra être perçue pendant plusieurs années.

L'équipe de Greenpeace a également testé des légumes provenant des localités de Fukushima, Koriyama et Minamisoma. Des dépassements des normes autorisées ont été observés sur des légumes vendus dans les supermarchés. Un échantillon pourrait même être classé déchet radioactif.

« Nos résultats révèlent une contamination importante de la nourriture dans la région autour de Fukushima, a déclaré Rianne Teule. « Il est du devoir des autorités d'en informer d'urgence les consommateurs et les agriculteurs. Elles doivent notamment procéder à des mesures de la nourriture et du sol et protéger une zone plus importante autour de Fukushima. »

Les autorités nient le sérieux de la situation

Plus d'un million de personnes vivent autour de la ville de Fukushima et de Koriyama. Les autorités ne peuvent plus continuer à nier le sérieux de la situation », déclare Junichi Sato, directeur de Greenpeace Japon. « Le gouvernement ne doit pas seulement donner des conseils clairs sur la manière de se protéger de la contamination radioactive, il doit aussi mettre en place des mesures pour assurer la protection. »

Deux équipes d'experts de Greenpeace se sont rendues non loin de la zone d'évacuation de 20 kilomètres autour de la centrale nucléaire de Fukushima. Une équipe a analysé la contamination des alentours tandis que l'autre a procédé à des tests sur les aliments et le lait dans la région. Les 27 et 28 mars, ils ont effectué des tests dans le village de Iitate et dans la région autour de Namie. Entre le 4 et le 8 avril, ils ont fait des analyses de la nourriture et du sous-sol à Fukushima, Koriyama, à Minamisoma, à Namie, à Iitate et dans diverses autres localités.

Aucun commentaire Ajouter un commentaire

Poster un commentaire 

Pour poster un commentaire, vous devez être inscrit(e).