Huile de palme: premier dérapage au Cameroun !

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Actualité - 30 mai, 2013
Fin mai 2013, le gouvernement du Cameroun suspend un projet controversé de plantations de palmiers à huile. Il annule sa décision moins d’un mois plus tard. Du coup, la joie des populations locales se transforme en déception.

Préoccupée par l’impact de la culture industrielle de l’huile de palme en Afrique, Greenpeace publiait, fin mai 2013, un rapport dénonçant les « petits arrangements » du groupe américain Herakles Farm. Cette publication coïncidait avec la décision du ministre camerounais des Forêts de suspendre, fin mai 2013, les activités de ce projet – controversé – consacré à la production industrielle d’huile de palme. Une décision qui a toutefois été rapidement et dramatiquement remise en question en ce début juin.

Lisez à ce propos, le blog de notre collègue de Greenpeace Afrique qui évoque le désarroi de la population face à ce revirement et rappelle les enjeux pour la population locale de ce projet controversé.

Rétroactes et rappel des faits

Un premier rapport, publié par Greenpeace et l’Oakland Institute en 2012, mettait en évidence la tromperie environnementale du projet Herakles Farm : l’huile de palme engendre de la déforestation en lieu et place de mieux-être social. Pour les populations locales, le projet risque de se solder par des pertes conséquentes de terres et de leur souveraineté alimentaire. Quant au gouvernement camerounais, l’accord signé ne lui laisse pas la possibilité d’engranger beaucoup de taxes… Pour rappel, le projet est situé au Cameroun et concerne 70.000 hectares affectés à la production de cette huile végétale très prisée sur les marchés internationaux.

Un second rapport

Le nouveau rapport vient encore étayer la double vérité prodiguée par le groupe américain. Les auteurs de ce nouvel opus analysent en neuf points comment Herakles Farm adresse à ses investisseurs un discours qui ne tient pas la route. Exemple ? L’entreprise dispose de tous les permis nécessaires ? Voilà pour le discours de façade, des documents internes démontrent qu’il n’en est rien. Herakles ne serait pas mêlé à des faits de corruption ? Des témoins parlent d’enveloppes qui ont circulé…

Pour l'ensemble de ces raisons, Greenpeace demande aux autorités camerounaises de ne pas autoriser le projet Herakles et de mettre en place un moratoire sur l'attribution de toutes les concessions foncières à grande échelle au Cameroun jusqu'à ce que des garde-fous soient mis en place pour protéger les moyens de subsistance des communautés locales et les forêts dont ils dépendent. L'Afrique est considérée comme une nouvelle frontière pour l'huile de palme et il est crucial que les populations locales ne soient pas les prochaines victimes de nos habitudes de consommation.

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