Huile de palme

Il n’y a pas de fumée sans feux de forêt !

Actualité - 23 juillet, 2013
Ingrédient incontournable de nos tables (biscuits, soupes et autres en-cas) et élément phare de l’industrie cosmétique, l'huile de palme produite à grande échelle pèse lourd sur l’environnement. Une nouvelle démonstration en est faite avec les feux de forêts déplorés ces dernières semaines dans un des grands pays producteurs : l’Indonésie.

En conséquence, Greenpeace a rappelé que la déforestation et le drainage des tourbières ne datent en effet pas d’hier. Cette piqûre de rappel a été adressée aux participants d’un Sommet trans-régional qui s’est tenu mi-juillet à Kuala Lumpur. (Malaisie).

Un lien irréfutable

En juin dernier, Greenpeace a lancé l’alerte en analysant des données de la Nasa permettant d’établir un lien entre d’une part, les feux déplorés à Sumatra et le supplément de pollution observé en Malaisie et à Singapour. Il a été, d'autre part, établi que les départs de feu correspondaient à des plantations d’huile de palme dans des provinces indonésiennes comme celle de Riau. Aujourd’hui, le moment est venu de mettre en évidence le bilan humain de ce drame estival récurrent. Les départs de feu s’expliquant par la volonté de consacrer plus de terres à l’agrobusiness…

Des familles ruinées

Préoccupée de longue date par la déforestation en Indonésie, Greenpeace s’est rendue sur le terrain pour se mettre à l’écoute des populations lésées et  défendre ensuite leurs intérêts notamment au niveau politique. Une des rencontres fortes a été celle d’un jeune cultivateur.

«J’ai tout perdu, déclare Laskar Harianja. Le feu s’est déclaré, à 30 mètres de mes cultures d’ananas et s’est propagé rapidement.  Je n’ai pas eu d’autre choix que d’emporter mes affaires et de quitter ma ferme. Je suis seul avec mes enfants et je n’ai pas d’autre source de revenu. Tout cela pour un feu de forêt illégal. Je n’aurai même pas eu l’occasion de récolter le fruit de mon travail cette saison et j’ai consenti à un investissement important pour acheter les semences…»

En juin dernier, l’analyse faite par Greenpeace International des données de la Nasa a permis d’établir un lien entre les centaines de départs de feu et des concessions d’huile de palme, aux mains de firmes indonésiennes ou malaisiennes Ces deux pays étant les leaders mondiaux de la culture de palmiers à huile…

Ce que cache la fumée

Autre problème, la moitié des incendies identifiés par Greenpeace renvoyaient à des zones qui auraient dû être protégées par le moratoire. Cette mesure de protection des forêts vient - on s’en souvient - d’être sauvée de justesse mais a démontré ses failles. Pour en savoir plus sur cet instrument, consultez le blog de notre chargée de mission, An Lambrechts.

 

On se souvient par ailleurs que le sol – riche en tourbières - d’une province comme celle de Riau, recèle pas mal de gaz à effet de serre. Des quantités astronomiques de carbone et de méthane sont donc rejetées dans l’atmosphère. L’Indonésie n’est pas uniquement un des grands pays forestiers, c’est aussi un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre de la planète.



Désastre pour la biodiversité

Parmi les solutions proposées par Greenpeace à l'occasion du Sommet de Kuala Lumpur, figure celle d’un renforcement du moratoire en vigueur en Indonésie et bien sûr un sursaut de la part des compagnies productrices d’huile de palme. Il est impératif qu’elles respectent la loi et implémentent des politiques visant à une production d’huile de palme sans déforestation.La culture sur brûlis est une technique économique de préparation des terres. Mais à quel prix ?

Au-delà de cela, il ne faut pas oublier que la transformation de forêts (primaires) en plantations uniformes de palmiers à huile est – outre la facture climatique – un véritable désastre pour la biodiversité. Une province comme celle de Sumatra abrite des forêts qui constituent le cadre de vie naturel d’une espèce endémique de tigres. On estime aujourd’hui qu’il ne reste plus que 400 tigres de Sumatra…

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