L' Europe prête à allumer le feu des renouvelables ?

Actualité - 22 janvier, 2011
Si l'Union européenne (UE) prend les bonnes décisions, il sera possible d'évoluer vers un réseau électrique transportant essentiellement des énergies renouvelables. Une étude de Greenpeace établit qu'il est techniquement et financièrement possible de construire d'ici 2050 un réseau intelligent qui fournirait 99,5% d'électricité verte à l'ensemble du continent. Une condition doit cependant être remplie : tourner le dos aux énergies polluantes que sont le nucléaire et le charbon.

Actuellement, le charbon et le nucléaire écartent les renouvelables du marché

Le 4 février prochain, les leaders européens se pencheront sur les possibilités futures en terme d'approvisionnement en énergie. L'UE est effectivement à la recherche de pistes pour améliorer le réseau électrique. 'Battle of the grids', la nouvelle étude de Greenpeace, réalisée avec le bureau d'ingénierie Energynautics, illustre avec précision ce à quoi ce réseau intelligent pourrait ressembler.

Irréconciliables

Actuellement, le charbon et le nucléaire écartent les renouvelables du marché. La charge transportée par le réseau est telle qu'il n'y a pas d'accès pour les énergies renouvelables qui sont plus flexibles. Des éoliennes peuvent être mises à l'arrêt alors que la production bat son plein. Ceci représente une perte importante d'électricité renouvelable produite à bas prix. Il n'est pas possible de réconcilier les deux systèmes de production. Plus nous attendons, plus ces deux conceptions de la production d'énergie entreront en conflit. L'adaptation d'un système à l'autre sera aussi beaucoup plus onéreuse.

Greenpeace et Energynautics ont produit des modélisations détaillées de la production d'énergie et des infrastructures de transmissions pour toute l'Europe. Le rapport examine la quantité de courant pouvant être fournie aux départs de différentes sources de renouvelables et combien il est nécessaire d'investir dans le nouveau réseau.

Envisageable et financièrement abordable

'Battle of the grids' démontre qu'il est possible d'alimenter l'Europe avec du courant presque exclusivement vert et de le faire transporter par le réseau. Si à l'horizon 2030, 90% des centrales nucléaire et au charbon actuelles sont fermées, 68% d'énergie renouvelable pourra être injectée sur le réseau. En 2050, la part des renouvelables pourra être portée à 99,5%. Cette production pourra être garantie en cas de faible ensoleillement ou de périodes sans vents. Ces conclusions viennent conforter les résultats des rapports publiés sous le sigle Energy [R]evolution. Dans le scénario européen, il est établi que les énergies renouvelables pourront produire en 2050 97% de la demande en énergie.

Le coût ? Pour 98 milliards € d'investissements dans le réseau d'ici 2030, on atteint 68% d'électricité renouvelable et on limite à 1% la mise à l'arrêt des sources renouvelables due au conflit d'accès au réseau. Le coût total dans la facture énergétique serait limité à moins d'1%, soit tout à fait raisonnable !

Pour la période 2030 – 2050, deux alternatives sont analysées: un scénario “High Grid”, dans lequel le réseau européen serait relié à l'Afrique du Nord et un scénario “Low Grid” dans lequel la proportion d'énergie renouvelable produite près des régions de grande consommation serait plus importante. Cette dernière option représente 74 milliards € d'investissements entre 2030 et 2050.

La Belgique : carrefour énergétique

Pour Greenpeace, les décideurs politiques doivent arrêter les subsides accordés aux énergies polluantes comme le nucléaire et le charbon. Ce n'est qu'à ce prix qu'ils pourront assurer l'essor des énergies renouvelables. La Belgique doit jouer un rôle actif dans cette évolution vers un futur énergétique durable et renouvelable.

Le rapport 'Battle of the grids'

Conclusions principales (en français)