Le Japon se passe du nucléaire

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Actualité - 4 mai, 2012
Le dernier des 54 réacteurs nucléaires au Japon sera mis à l'arrêt demain. La troisième économie mondiale se passera alors complètement du nucléaire. Et, la lumière ne s’éteindra pas. Le Japon a réalisé cette transition sans préparation et en une petite année seulement. Pourquoi la Belgique ne pourrait-elle pas en faire autant ?

Des experts ayant estimé qu’un nouveau tremblement de terre pourrait avoir un impact sur les autres centrales nucléaires du Japon aussi désastreux qu’à Fukushima Daiichi, tous les réacteurs japonais ont été progressivement retirés de la production pour subir un entretien approfondi.

Ce 5 mai, c’est le dernier réacteur qui sera mis à l’arrêt, dans la centrale de Tomari, au nord de l’île d’Hokkaido. Le Japon démontre ainsi qu’il est parfaitement possible de sortir du nucléaire, à court terme.

Greenpeace invite le gouvernement japonais à respecter le souhait de la majorité des Japonais à savoir, de ne pas relancer la production dans les centrales mises à l’arrêt et d’opter résolument pour l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.


Approvisionnement

La mise à l’arrêt des 54 réacteurs japonais (soit 28% de la production totale d'électricité) ne met pas en danger l’approvisionnement du Japon. Il sera assuré même pendant les pics de consommation estivaux grâce à des mesures favorisant l’efficacité énergétique, la chasse au gaspillage énergétique et une réponse intelligente à la demande, notamment lors des pics de consommation.

Le scénario de R[é]volution énergétique publié par Greenpeace et se référant à la situation spécifique du Japon, illustre comment ce pays pourrait sortir définitivement et sans attendre du nucléaire tout en respectant ses engagements en matière de réduction de gaz à effet de serre (objectif à l’horizon 2020).

Relance économique

L’Allemagne illustre à quel point la mise à l’arrêt rapide de certaines centrales nucléaires, combinée à une politique d'investissement dans les renouvelables, peut se traduire par une importante relance économique. L’augmentation de la part des renouvelables en Allemagne n’a pas uniquement permis de s’adapter sans heurts à la fermeture de huit réacteurs, elle a aussi permis de créer de l’emploi. En 2011, quelque 382.000 personnes ont été mis au travail dans le secteur des renouvelables. Ce qui représente une augmentation de 137% par rapport à 2004.

Une telle perspective sera bien plus profitable au Japon que la relance du nucléaire. Ce serait une chance unique de relancer une économie fracassée par une catastrophe naturelle et nucléaire.

Dictat d’Electrabel

Il n’a pas fallu beaucoup plus d’un an pour que le Japon se passe du nucléaire. Pourquoi la sortie du nucléaire, prévue chez nous, pour 2015 devrait-elle poser problème ? Les trois réacteurs à fermer en 2015 produisent 16% de notre électricité.

Si notre gouvernement devait décider de prolonger la durée de vie de nos trois plus anciens réacteurs, cette décision ne sera pas motivée par des problèmes d’approvisionnement mais sera prise pour être en ligne avec les dictats de GDF-Suez Electrabel.

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