Le gouvernement ne doit pas se soumettre au chantage d'Electrabel - Greenpeace réagit

Actualité - 10 mai, 2012
Notre gouvernement menace de succomber au chantage d'Electrabel, qui a elle-même créé un problème d'approvisionnement. Comment peut-on plaider pour la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires sur base d'un rapport incomplet, divulgué aujourd'hui dans la presse ? La fermeture des plus vieux réacteurs nucléaires en 2015 est possible. C'est juste une question de volonté politique.

MISE A JOUR 12/05/12

Ce week-end, Greenpeace lance un appel dans Le Soir et De Morgen : ‘Qui décide de la fermeture des centrales : le gouvernement ou la mafia du nucléaire?’ Greenpeace entend de la sorte mettre les choses au clair et appelle le gouvernement à ne pas céder aux tentatives de chantage de GDF Suez-Electrabel, entre autres. Il est important aussi que l’opinion publique se rende compte de la pression constante exercée notamment par le géant de l’énergie. Avec un objectif : garantir les profits exorbitants que livrent les vieilles centrales nucléaires. Et ce, sur le dos du consommateur et sans tenir compte des risques croissants (et non assurés) que font courir les centrales de Tihange et de Doel en matière de sécurité.

Greenpeace ne demande qu’une seule chose : un gouvernement qui prend ses responsabilités et qui exécute la loi sur la sortie du nucléaire. Un gouvernement qui opte résolument pour un avenir durable pour notre pays. Et donc, un gouvernement qui ne cède pas au chantage d’un secteur dépassé, celui de l’énergie nucléaire. Notre pays est aujourd’hui face à une décision qui déterminera son avenir sur le plan économique et écologique. Nous prenons la pleine responsabilité de notre message, dans l’espoir que le gouvernement prendra les siennes.

 


Les premiers résultats d'un rapport de la direction générale de l'Energie ont fuité dans la presse de ce jour. Ce n'est pas un hasard. Le secteur nucléaire et le politique se seraient-ils donnés le mot ? Si le gouvernement souhaite réellement la fermeture des centrales nucléaires, il doit prendre les choses en main et développer les mesures qui s'imposent. Semer la confusion au moyen de rapports dont les résultats varient du tout au tout en fonction des hypothèses de départ, n'est d'aucune aide. Les années d'incertitudes quant à la fermeture des centrales nucléaires minent le climat d'investissement pour les nouveaux producteurs d'électricité. 

Nos politiciens doivent montrer qu'ils sont prêts à mettre en œuvre l'accord de gouvernement et mettre fin à notre dépendance à l'égard de cette source d'énergie obsolète et dangereuse. Nous pouvons choisir pour un avenir durable en accordant la fermeture des vieilles centrales thermiques avec la sortie progressive du nucléaire, en développant les économies d'énergie et en améliorant les interconnexions avec les pays voisins. 

Solutions pour assurer à court terme la sécurité d'approvisionnement :

  • Un potentiel d'économies d'énergie de 4 TWh d'ici 2015, réalisable à court terme, sans coûts importants et sans perte de confort.
  • D'ici 2 ans, les Pays-Bas auront une surcapacité de 25%. Le gouvernement doit conclure des accords avec les Pays-Bas et investir dans de meilleures capacités de transport. La Belgique n'est pas une île.
  • Une deuxième centrale hydroélectrique à Coo, servant de capacité de stockage supplémentaire pour les périodes de pointe.
  • Un investissement dans les nouvelles capacités de production, telles que les sources d'énergie renouvelables et les centrales au gaz à haut rendement (turbine gaz-vapeur et cogénération).