Le secteur forestier brésilien détruit la forêt amazonienne

2 commentaires
Actualité - 15 mai, 2014
Un nouveau rapport de Greenpeace le démontre : le système mis en place pour garantir la légalité du bois abattu en Amazonie fonctionne très mal au Brésil. Des pratiques frauduleuses , débouchant sur la vente de bois illégal "blanchi", ont été relevées au sein du secteur forestier amazonien. Des mesures fiables doivent être prises de toute urgence pour assurer l’origine légale du bois brésilien d’Amazonie.

Découvrez ici notre nouveau rapport.

En pleine agitation sociale à un mois d’une coupe du monde de football désormais largement contestée par une partie de ses habitants, le Brésil doit aussi faire face à diverses questions environnementales. La construction de méga-barrages, tels celui de Belo Monte, ou, plus globalement, l’exploitation forestière menacent quotidiennement l’avenir de la forêt amazonienne, plus grande forêt intacte du monde. Au cours des trois dernières décennies, 18% de la forêt amazonienne du Brésil ont disparu.

Si le développement agricole et l’élevage constituent la principale cause de ce désastre, l’abattage de bois mène lui aussi à la dégradation et à la fragmentation  des forêts, lançant un processus qui aboutit souvent à la destruction totale des forêts. La coupe de bois illégale est d’ailleurs monnaie courante au Brésil : entre août 2011 et juillet 2012, 78% de l’exploitation forestière de l’état du Para au Brésil (principal producteur et exportateur de bois brésilien d’Amazonie) était jugée illégale. Une tendance qui ne s’inversera qu’à partir du moment où le système de contrôle en matière d’exploitation forestière sera renforcé par le gouvernement brésilien.

Notre dernier rapport, publié aujourd’hui après une étude menée au sein du secteur forestier amazonien, se veut d’ailleurs alarmant : le système mis en place pour contrôler la légalité du bois est outrageusement bafoué au Brésil. A travers cinq études de cas, Greenpeace révèle de nombreuses pratiques illégales flagrantes (surestimation du nombre d’espèces dans des forêts à haute valeur de conservation, falsification de documents, demande de permis d’exploitation dans des zones déjà déboisées…) et autres manipulations du système de certification forestière. Avec une « bénédiction » symbolisée par tous les papiers juridiques nécessaires, le bois illégal est ainsi "blanchi" et vendu à travers le monde, des Etats-Unis en Israël, ainsi que sur l’ensemble du continent européen.

La plaque tournante belge

On aurait en effet tendance à l’oublier ou, du moins, à facilement le passer sous silence, mais notre pays, bien que situé à plus de 9000 kilomètres, entretient un lien avec la forêt amazonienne. La Belgique constitue en effet une plaque tournante pour le bois amazonien elle qui, selon les chiffres officiels brésiliens, est le deuxième plus grand importateur de bois amazonien en Europe. En 2013, une production équivalant à 23 millions de dollars a quitté le Brésil pour rejoindre nos frontières. De quoi placer la Belgique au cinquième rang mondial des importateurs de bois amazonien.

Notre pays intègre même le top 3 du classement lorsqu’il s’agit d’évoquer le bois ipê, essence de bois principal mentionnée à travers les études de cas du nouveau rapport de Greenpeace. L’ipê est l’un des spécimens les plus demandés et les plus précieux à être abattus en Amazonie. On le retrouve entre autres au palais de justice d’Anvers, puisque le parquet et les escaliers du bâtiment sont faits en ipê.

Des importateurs responsables

La responsabilité des importateurs de bois est grande. Certainement pour les pays européens, qui sont soumis au règlement bois de l’Union européenne. Greenpeace l’a toutefois démontré à plusieurs reprises : malgré l’entrée en vigueur de ce règlement en mars 2013, le bois illégal continue sa percée en Europe. La vigilance reste donc de mise.
Pour Greenpeace, il est indispensable que les importateurs de bois amazonien du Brésil classent ce bois comme « bois à haut risque ». Il est également indispensable que ceux-ci n’achètent plus de bois originaires d’Amazonie brésilienne jusqu’à ce que leurs fournisseurs présentent des preuves crédibles, garantissant la légalité de leur bois – ce qui implique d’autres normes que celles actuellement en vigueur – et assurant que leur produit ne contribue pas à la déforestation, à la dégradation des forêts, à la perte de biodiversité et n’impacte pas les populations locales. Si ces conditions ne peuvent être rencontrées, tout contrat doit être cassé.

C’est la seule manière, pour les importateurs, de ne pas contribuer à la destruction de cette magnifique forêt amazonienne. Greenpeace luttera pour qu’un vent nouveau souffle en Amazonie, afin de contrer les excès de l’industrie forestière, diminuer l’impact du changement climatique et protéger la biodiversité et les populations locales qui dépendent des forêts.

Merci de continuer à nous suivre… et à nous soutenir !

Thèmes
2 commentaires Ajouter un commentaire

Bounty-Rose dit:

Si les Belges se mobilisent pour la coupe du Monde ils pourraient aussi se mobiliser pour l'Amazonie qui représente l'avenir de la plan�...

Posté 30 mai, 2014 à 13:25 Signaler un abus Répondre

Lire la suite Réduire

Bounty-Rose dit:

Si les Belges se mobilisent pour la coupe du Monde ils pourraient aussi se mobiliser pour l'Amazonie qui représente l'avenir de la plan�...

Posté 30 mai, 2014 à 13:25 Signaler un abus Répondre

Lire la suite Réduire

1 - 2 de 2 résultats.

Poster un commentaire 

Pour poster un commentaire, vous devez être inscrit(e).