Les inondations en Allemagne n'ont plus rien d'exceptionnel...

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Actualité - 11 juin, 2013
En Allemagne, des inondations exceptionnelles frappent les bassins de l'Elbe et du Danube. Exceptionnelles ? Pas tant que ça. De tels événements climatiques devraient devenir plus fréquents à cause du réchauffement climatique. L'Europe doit se préparer à y faire face.

Inondations à Prague

En Allemagne, les crues observées ces derniers jours dans les bassins du Danube et de l'Elbe devraient normalement être historiques. Le précédent record datait de 1501 et ce genre de crue record ne se produit en moyenne que tous les 100 ans. Pourtant, il n'en est rien ! La dernière crue de ce genre date seulement de 2002, soit à peine 10 ans. C'est là sans doute une illustration que ces phénomènes extrêmes n'ont, hélas, plus rien d'exceptionnel.

Des plans d’action à revoir

Il est toujours difficile de relier un événement particulier aux changements climatiques. Toutefois, les climatologues allemands ont prévenu les autorités : ce déluge qui s'abat sur l'est de l'Europe risque de se répéter de plus en plus souvent. La plupart des villes européennes sont aujourd’hui protégées contre des inondations classées comme « exceptionnelles », c'est-à-dire n'arrivant normalement que tous les 100 ans. Or, ce type d’événement est sur le point de devenir plus fréquent. Il est donc urgent de développer des plans d'action en phase avec la nouvelle norme climatique.

S'adapter à cette nouvelle donne climatique coûte cher mais ne rien faire coûte encore plus. Selon l'assureur Munich Re AG, les précédentes inondations historiques de 2002 dans la région de l'Elbe avaient coûté 3,4 milliards d'euros. La compagnie d'assurance estime que les coûts des inondations en cours devraient être bien supérieurs. Il faut cependant attendre que l'eau reflue pour faire une estimation réaliste. Les fonds d'urgence pour les catastrophes naturelles ne suffisent plus à couvrir des catastrophes de plus en plus nombreuses. Le commissaire européen au Budget a notamment signalé que l' « ampleur de la catastrophe » dépasse les capacités d'intervention du fondsde solidarité européen prévu pour couvrir ce genre de catastrophes naturelles...

Sommes-nous prêts à faire face aux changements climatiques ?

En Belgique aussi, nous nous dirigeons vers une multiplication des phénomènes extrêmes, dont de fortes précipitations. En moyenne, on estime que les jours de très forte précipitation devraient augmenter de 40% d'ici à 2085, surtout pendant les mois hivernaux. Selon une étude réalisée au niveau wallon par les trois grandes universités régionales, les risques d’inondations sont la principale menace liée aux changements climatiques à court et moyen termes. L'étude constate d'ailleurs, pour ces dernières années, une augmentation significative de ces épisodes de pluies intenses. En Wallonie, ces risques sont encore accrus par un territoire très largement inondable (6% du territoire régional) constitué surtout de zones peuplées ou industrielles.

Les autorités tardent à mettre en place des plans d'adaptation aux changements climatiques conséquents. Ce n’est par exemple qu’en avril dernier que la Commission européenne a entamé la rédaction d'une stratégie en la matière. En Belgique, la réalisation d'un plan national dépendra de l'adoption préalable des plans régionaux. Mais aussi bien en Wallonie qu'en Flandre, les plans d'action ont pris du retard et sont toujours en cours de discussion au sein des Gouvernements. Le coût de leur mise en œuvre sera de plus en plus élevé dans les années à venir. Et comme le disait déjà le fameux rapport Stern en 2006, il nous coûterait beaucoup moins cher de limiter l'augmentation de la température mondiale que de nous y adapter...

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