Lorsque les actes sont plus forts que les mots

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Actualité - 21 juin, 2011
Lundi dernier, 11 militants de Greenpeace ont comparu devant le juge pour avoir perturbé un dîner de gala de la reine du Danemark. Les actions spectaculaires, mais toujours non-violentes, de Greenpeace font l'objet de répressions toujours plus fortes. Le directeur de Greenpeace International en a fait l'expérience le week-end dernier.

11 militants comparaissent devant le juge pour cette action non-violente de 2009.

Le 17 décembre 2009, des militants de Greenpeace, en tenue de soirée, ont emprunté le tapis rouge déroulé à l'occasion d'un dîner de gala organisé par la reine du Danemark à l’intention des chefs d'Etat réunis à Copenhague pour le sommet climatique. A la surprise de tous, ils ont déployé une banderole avec le message « Politicians talk, leaders act ». En d'autres termes, soyez un vrai dirigeant, agissez pour combattre les changements climatiques et cessez de discuter inutilement.

Le droit à la manifestation

Parmi les inculpés figure Guilhem de Crombrugghe, un militant belge. « En participant à cette action, j'ai simplement voulu prendre mes responsabilités », a-t-il déclaré. « Je trouvais qu'il était de mon devoir, en tant que citoyen du monde, de rappeler aux dirigeants politiques qu'ils disposent du pouvoir et des moyens pour sauver la planète. Si les politiciens refusent d'agir, il est du devoir des citoyens de les réveiller ».

Guilhem de Crombrugghe, un militant belge, risque une condamnation au Danemark pour sa participation à une action pacifique.

Pour Greenpeace, le droit à la manifestation pacifique doit être reconnu dans le monde entier. « Pouvoir mener des actions pacifiques est une valeur fondamentale qui par le passé, a permis de grandes avancées sur le plan de la justice sociale et de l'égalité des droits », a tenu à rappeler Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International.

Kumi Naidoo

Kumi Naidoo se trouve en ce moment dans une prison du Groenland pour s'être opposé aux forages pétroliers en Arctique. Il n'a pas hésité à occuper une plate-forme pétrolière appartenant à la compagnie britannique Cairn Energy au large des côtes du Groenland. Il a tenu à remettre lui-même une pétition avec 50.000 signatures pour réclamer à l'exploitant de la plate-forme de rendre public son plan d'urgence. Une telle action fait-elle de Greenpeace une organisation criminelle ? Jugez vous-même.

Cairn Energy refuse de rendre public son plan d'urgence alors que Greenpeace a à plusieurs reprises demander de prendre connaissance de ce document. Une fuite de pétrole au pôle Nord sera difficile à colmater et les conséquences sur cet écosystème encore intact seraient catastrophiques.

Le procès au Danemark n'est malheureusement pas un cas isolé. En mars dernier, le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné dix militants à une peine de prison d'un mois avec sursis et à une amende pour leur participation à une action similaire à l’occasion d'un Sommet européen à Bruxelles, la veille du sommet climatique de Copenhague. Cette condamnation est disproportionnée. Elle témoigne d'une tendance à la criminalisation du militantisme, même dans des pays à longue tradition en matière de liberté d’expression.

Si cette tendance se poursuit, il sera de plus en plus difficile pour des organisations comme la nôtre de jouer leur rôle. La Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg stipule clairement que le rôle d'organisations indépendantes comme Greenpeace est crucial pour attirer l'attention sur des éléments ayant trait au bien commun.

Les vrais coupables

Les vrais coupables, ce ne sont pas des personnes comme Guilhem ou Kumi, qui souhaitent faire entendre leurs voix. Les vrais coupables, ce sont les dirigeants politiques qui ne parviennent pas à prendre les mesures qui s'imposent pour combattre les changements climatiques. Le Sommet climatique qui s’ouvrira à la fin de l'année à Durban, en Afrique du Sud, est l’occasion pour nos politiques de rectifier le tir, de prendre leurs responsabilités et de conclure un accord à la hauteur du défi climatique.

Depuis la prison au Groenland, Kumi Naidoo raconte pourquoi il a participé à l'action contre Cairn Energy (en anglais).

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