Pas de biomasse congolaise à Lier !

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Actualité - 26 février, 2013
La nouvelle vient de tomber : pas de permis d’environnement pour la centrale biomasse de Lier ! Une décision qui ne devrait pas nous réjouir et pourtant…

Lors de la consultation publique, Greenpeace et d’autres associations de défense de l’environnement avaient émis des doutes quant à ce projet impliquant l’importation de bambou produit dans une plantation au Congo. En cause ? Manque de rendement et durabilité à démontrer ! La biomasse fait partie du cocktail de solutions à apporter pour lutter contre le réchauffement planétaire et la déforestation mais pas à n’importe quelles conditions…

Rétroactes

Fin 2012, RES (Renewable Energy Services), une entreprise luxembourgeoise, demandait un permis d’environnement pour une centrale électrique de 20 MW, destinée à brûler quelque 80 à 10.000 tonnes par an de bambou, produit dans une plantation en République démocratique du Congo. Le projet ne prévoyait aucun volet ‘cogénération’ et le rendement de la future centrale se limitait à 40%. L’énergie restante étant destinée à « chauffer l’air »… La province d’Anvers vient de décider de lui refuser ce permis d’environnement.

Pas aussi neutre qu’il n’y paraît

La biomasse n’a pas un bilan carbone neutre bien que cette affirmation soit souvent avancée. La production de biomasse pour satisfaire des besoins énergétiques occasionne en effet des modifications de l’affectation des sols qui se soldent par l’émission de gaz à effet de serre. C’est, par exemple, le cas lorsque des forêts sont abattues pour faire place à ce type de culture. Les émissions de CO2 ainsi produites sont de loin supérieures à celles que la biomasse nous permet d’épargner. Pourquoi ? La surexploitation des forêts contribue à la diminution de la quantité de carbone contenue dans le sol. L’impact sur le climat est donc considérable. Dans certains cas, il faut des décennies voire des siècles avant la régénération du couvert forestier.

Déséquilibre Nord/Sud

Les pays en voie de développement sont les principales victimes de la pression croissante sur les sols imposée par la demande - elle aussi, croissante-  en plantes utilisées pour produire de l’énergie. Une demande émanant largement des pays occidentaux… Ces cultures destinées à l’importation vers l’Europe n’apportent que peu de bien-être aux populations locales. Dans la foulée, on assiste à un appauvrissement de la qualité des sols et à l’apparition de maladies dues à l’utilisation des pesticides. Le tout accompagné de conditions salariales parfois pitoyables.

Nouveau mix énergétique

Greenpeace est persuadée que la biomasse peut jouer un rôle dans l’élaboration d’un nouveau mix énergétique mais qu’il faut rester prudent quant à son utilisation « tous azimuts ».  La biomasse remplit son rôle si elle permet des réductions substantielles de CO2, si des critères stricts sont appliqués pour sa production et si sa combustion produit un rendement élevé. En Flandre, la politique de soutien aux énergies renouvelables ne tient pas suffisamment compte de ces éléments.

C’est ainsi que de la biomasse importée du Congo et exploitée avec un faible rendement peut déboucher sur l’octroi de certificats verts en Flandre. Personne ne se pose la question de savoir dans quelles conditions la biomasse a été produite sur place. Le gouvernement flamand doit s’efforcer de mieux intégrer des critères de durabilité pour la biomasse et tenir compte de la quantité de biomasse effectivement disponible. Un dossier suivi de près par Greenpeace…

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