Pêche artisanale – Pêche durable – Pêche d’avenir !

Actualité - 19 novembre, 2012
Greenpeace a suivi avec grand intérêt le congrès des pêcheurs artisanaux qui s’est tenu ce week-end à Bruxelles. Un congrès qui avait toute son importance puisque dans les mois à venir, les députés du parlement européen et les ministres de la pêche vont se prononcer sur la nouvelle Politique Commune de la Pêche (PCP).

Pour en savoir plus sur l'issue du Congrès.

Ce congrès était un des premiers rassemblements de taille de ceux qui aiment leur métier et qui aimerait le pratiquer encore à l'avenir. Les pêcheurs artisanaux sont bien décidés à se faire entendre et à demander à l’Union européenne qu’elle mette en place une PCP qui favorise une pêche durable à petite échelle et qui donne ainsi une réelle perspective au secteur de la pêche. Une perspective qui garantit l'emploi et qui protège les ressources halieutiques. Pour Greenpeace comme pour les pêcheurs artisanaux, l’avenir de la pêche passe par la petite pêche qui est davantage à même de pêcher de manière durable, de protéger les écosystèmes marins et d’aider les stocks de poissons à se régénérer.

Trois témoignages bouleversants

Parmi les pêcheurs artisanaux, il y a Julian, Anne-Marie, Gwenn, Kirk, Guy, Luis et Mariscadora. Ils viennent de toute l’Europe. Ils ont un lien puissant qui les unit : une même passion, une même histoire. Ils sont tous pêcheurs artisans qui pratiquent une pêche durable.

Gwenaël “Gwen” Pennarun est un pêcheur artisan de Sainte Marine, en Bretagne. On ne saurait dire s’il a choisi ce métier, ou si le métier l’a choisi. Petit, il accompagnait son père en mer, et cela fait maintenant 30 ans qu’il pêche le bar à la ligne, en sud Finistère.



Guy Vaudo habite à Sète, en Méditerranée. Il est pêcheur artisan, plongeur. Devenu pêcheur “par décision et par passion” parce que c’est plus sa vie qu’un métier comme il le dit lui-même. Dans ce portrait, Guy donne sa vision de la pêche artisanale, un “petit métier”, dont le mot-clé, pour lui, est “sélective”.

Enfin, Anne-Marie Vergez, 53 ans, patron pêcheur du Nahikari (Désir en basque), est la seule femme à exercer ce métier à Saint-Jean-de-Luz. Oui, après vérification, on dit aussi “patron pêcheur” pour une femme… Anne-Marie a choisi ce métier, il y a 20 ans. Elle se bat aujourd’hui pour faire entendre la voix des artisans pêcheurs, absents des grandes négociations internationales.

   

Ces petits pêcheurs ont de bonnes raisons d'être inquiets. Fin septembre Greenpeace a publié un nouveau rapport (en anglais) sur les méfaits relatifs à la pêche devant les côtes d’Italie. Que ce soit devant les côtes de France, d’Espagne, d’Italie, d’Afrique ou en haute mer, la Politique Commune de la Pêche (PCP), qui fixe le cadre en Europe, pose de sérieux problèmes : flottes de pêche en surcapacité, prises accessoires et rejets en mer, mailles de filets trop petites et pêche non-sélective, quotas trop élevés et surpêche, pêche profonde, non respect de réglementations et politique de la pêche qui favorise depuis des dizaines d’années la surexploitation des océans.

Dans les mois à venir, les ministres de la pêche et les députés européens auront la responsabilité de redéfinir le cadre. Ils se prononceront sur la réforme de la PCP. Voici les principales revendications de Greenpeace :

  • Des plans d’actions pour éliminer la surcapacité, notamment de la flotte de pêche industrielle, dans les 3 à 5 ans à venir. Ces plans d’actions devraient d’abord cibler les segments de la flotte de pêche (navires industriels, chalutiers de pêche profonde) qui contribuent le plus à la destruction de l’écosystème marin et des stocks de poissons.
  • Une augmentation du budget pour la recherche et la surveillance de l’évolution des stocks de poisson dans le cadre du « European Maritime and Fisheries Fund - EMFF ». C’est une condition essentielle pour évoluer vers une bonne gestion des stocks de poissons.
  • La mise en place d’un calendrier contraignant qui aura comme objectif une régénération des stocks de poisson jusqu’en 2015.

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