Pour une Belgique renouvelable

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Actualité - 30 juin, 2014
La Belgique se trouve à la croisée des chemins. Si nous voulons choisir l'option la moins chère pour ce qui est de l’électricité, nous devons miser aujourd’hui sur l'énergie renouvelable. Mais comment s’y prendre ? Le mouvement environnemental s’est penché sur la question.


>> Plus de photos de notre colloque Our Energy Future, organisée le 30/6/2014 par les organisations environnementales Bond Beter Leefmilieu, Greenpeace et le WWF. <<


Nos centrales électriques doivent d'urgence être remplacées. La fermeture soudaine de Doel 3 et Tihange 2 nous place une fois de plus au pied du mur. Notre extrême dépendance à l'énergie nucléaire peut en effet mettre en péril notre approvisionnement énergétique. En outre, la crise en Ukraine génère une incertitude quant à l'approvisionnement en gaz de l'Europe. Il s'agit d'un signal clair indiquant la nécessité de nous défaire des combustibles fossiles. Si nous voulons aussi conserver une chance d'atteindre les objectifs climatiques, il n'y a qu'une seule solution : miser davantage sur l'énergie renouvelable et les économies d'énergie.

Mais comment concrétiser la sortie du nucléaire tout en réduisant les émissions de CO2 d’une manière abordable ? Les organisations environnementales Bond Beter Leefmilieu, Greenpeace et WWF ont uni leurs forces pour élaborer un scénario énergétique pour la Belgique.

Accord national sur l’énergie

Les gouvernements doivent œuvrer à la mise en place d’un accord énergétique national. Un tel accord s'appuie sur un processus participatif avec une concertation entre les producteurs, les gestionnaires de réseau, les consommateurs, les syndicats et les organisations environnementales. Cette concertation doit aboutir à un consensus bénéficiant d'un vaste soutien sur la vision de l'avenir à long terme de notre politique énergétique.

L’option la moins chère

Si nous voulons choisir l'option la moins chère, nous devons miser sur l'énergie renouvelable. En 2017, l'énergie éolienne terrestre sera la forme de production d'énergie la plus abordable. À partir de 2019, les panneaux solaires seront aussi moins chers que les centrales au gaz. La poursuite de la baisse des coûts des panneaux solaires permettra à cette technologie de devenir suffisamment rentable, dans les années à venir, pour contribuer aux coûts du réseau. Une volonté de choisir l'énergie renouvelable exige, certes, davantage d'investissements dans de nouvelles installations, mais il faut alors aussi moins de subsides que dans un scénario s'accrochant aux combustibles fossiles et au recours massif à la biomasse.

Et grâce à une énorme économie sur la facture de combustible, nous gagnons deux fois. Les nouveaux décideurs politiques doivent dès lors tout mettre en œuvre pour favoriser la poursuite de la croissance de l'énergie renouvelable. Pour permettre cela, nous avons besoin d’une vision d’avenir claire à long terme, d’une assurance de financement, d’un choix judicieux à l’égard des technologies misant principalement sur l’énergie solaire et éolienne, d’un cadre cohérent et d’un espace pour la participation citoyenne. Une réforme approfondie du marché européen de l’électricité est nécessaire pour s’assurer que les investissements soient à nouveau rentables. En raison des prix de l'énergie trop faibles sur le marché européen de l'électricité, aucune forme de production d'énergie n'est aujourd'hui rentable sans soutien.

Electricité renouvelable

Une croissance solide de l'électricité renouvelable est possible avec un recours limité à la biomasse. La Belgique peut, avec une utilisation très restreinte de biomasse, porter sa part d'électricité renouvelable (16 % en 2013) à 33 % en 2020. C'est amplement suffisant pour atteindre l'objectif fixé à 13 % d'énergie renouvelable d'ici 2020. En 2030, nous pouvons produire 54 % d'électricité renouvelable, et en 2050, 95 %. Cette « décarbonisation » du secteur belge de l'électricité s'inscrit dans un système européen d'énergie renouvelable, contribue à réduire les émissions de CO2 en Belgique de 55 % d'ici 2030 et permet de continuer à viser l'objectif essentiel d'une diminution du CO2 de 80 à 95 % d'ici 2050.

Economie d’énergie

L'efficacité énergétique est une condition sine qua non. Un avenir énergétique durable n'est possible que si nous jouons pleinement la carte de l'efficacité énergétique. Une rénovation en profondeur de notre parc de bâtiments, associée à une réduction de la demande en énergie de l'ordre de 80 %, sera un facteur clé de réussite. De plus, l’économie d’énergie, cumulée à la gestion de la demande et à l’interconnexion, offre à court terme une solution en matière d’approvisionnement. L’efficacité énergétique à court terme, portée par des mesures d’efficacité énergétique appropriées dans les maisons, les bureaux et l’industrie, peut faire diminuer le pic de demande d’électricité de 1100 MW. 

En savoir plus ?
Lisez notre rapport Our energy future, notre briefing ou consultez les présentations du bureau d'études 3E et du mouvement environnemental

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