Que diable allait faire Shell dans cette galère? Éluder la taxe, bien sûr!

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Actualité - 4 juin, 2013
Permettez-moi cette mauvaise parodie du vers de Molière mais j'ai du mal à garder cela pour moi ! Vous vous souvenez peut-être des premières heures de 2013 ? Une plate-forme de Shell était à la dérive dans les eaux de l'Alaska. Elle finit par échouer du côté de l'île Sikalidak. Shell vient d'admettre que le déplacement de la plate-forme était motivé par... une taxe !

La "mésaventure" de la plate-forme Kulluk faisait en réalité suite à une kyrielle de "contre-temps" venus ponctuer les activités de Shell au pôle Nord : refus d'autorisation, échecs ou autres incidents. Tant et si bien que leurs ambitions arctiques fondaient comme neige au soleil.

Vous en conviendrez, en tant que chargé de mission Arctique, on ne peut qu’observer tout cela avec un petit rictus aux lèvres... voire même un sourire. En effet, deux mois plus tard  Shell annonça son intention de mettre ses activités arctiques temporairement au frigo. Il ne nous restait rien d’autre à faire que de prendre acte de leur décision et d’en informer le monde entier, rappelant l’absurdité d’aller forer dans un tel environnement… Avec ses cafouillages, elle s'était elle-même tirée une balle dans le pied.

Le pire est évité et la vérité dans tout ça ?

La dérive de la plate-forme Kulluk n’a fort heureusement pas eu les conséquences tragiques pour l’environnement que l'on aurait pu craindre. Le pire a été évité et Shell s’en est tirée à bon compte avec seulement une image de marque sérieusement écornée ! Dans les semaines qui ont suivi la dérive de la plate-forme, les médias ont en effet avancé l'hypothèse d'un évitement d'une taxe en vigueur en Alaska. Quant à Shell, elle noya le poisson.

Enfin, le fin mot de l'histoire

Shell devait finalement cracher le morceau..., fortuitement il est vrai ! Dans le sillage de l'incident, le président Obama décida d'examiner avec attention tout le programme de Shell pour l’Alaska. L’operational-manager allait être placé sur la sellette lors d'une audition récente. Eh oui, c'est bien pour éluder la taxe et gagner "quelques millions" que Shell a décidé de quitter Dutch Harbor et d'envoyer sa plate-forme à Seattle et ce, malgré l’annonce du gros temps attendu dans le Golfe d’Alaska. En Alaska, la loi prévoit une taxe annuelle de 2% sur la valeur des propriétés qui sont utilisées pour l’exploration pétrolière ou gazière et la production. Shell aurait dû s’acquitter de cette taxe à partir du 1er janvier…

Si les conséquences potentielles d’une telle attitude n’étaient pas aussi lourdes, on rirait bien volontiers à gorge déployée : comment cette société qui figure dans le peloton de tête des plus grandes compagnies pétrolières au monde peut-elle faire d'aussi mauvais calculs ? Comment peut-elle négliger la sécurité, trois ans à peine après le drame qui a secoué le Golfe du Mexique et quelques autres incidents la concernant…

En vérité, tout ceci en dit long sur les priorités établies par ses cow-boys ! Comment osent-ils se profiler lorsqu’il est question de sécurité ou d’environnement tout en se conduisant aussi négligemment ? Leur seul moteur, c’est l’appât du gain. Si Shell annonce qu’elle va forer en toute sécurité en Alaska, tenons-nous le pour dit et prenons leur déclaration avec des pincettes. They can not be trusted!

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