Qui veut mettre l'avenir de nos enfants dans les mains d'Electrabel ?

Poster un commentaire
Actualité - 22 octobre, 2011
Greenpeace a interpellé ce matin nos décideurs politiques en plaçant une annonce publicitaire dans certains journaux. Pourquoi ? Parce que les récentes musculations du groupe GDF/Suez - Electrabel ont du mal à passer et qu'elles laissent en bouche un petit goût de manipulation. Mais aussi parce qu'après des mois de tractations communautaires, les partis en lice pour former notre prochain gouvernement fédéral vont entrer ces jours-ci dans le vif du sujet énergétique.

Deux dossiers qui nous tiennent particulièrement à cœur seront sur la table des négociateurs. Une raison plus que suffisante de leur passer directement un message ! Compte tenu de l'importance de ces dossiers, nous avons estimé qu'à circonstances exceptionnelles, il fallait bien utiliser un moyen « occasionnel » d'entrer directement en communication avec M. Di Rupo et les leaders du CDH, MR, sp.a, Open VLD et du CD&V. Il s'agit après tout de matières qui nous concernent tous car toucher à la politique énergétique d'un pays, c'est entrer directement dans nos foyers. Nous sommes donc concernés au premier chef par ce qui se négocie.

Des sommes à récupérer

Quels sont ces dossiers ? Tout d'abord, la rente nucléaire. Greenpeace soutient fermement l'intention des négociateurs d'augmenter la taxe imposée à l'opérateur nucléaire historique, Electrabel. Le régulateur de l'énergie, la Creg a estimé que l'électricien doit aux contribuables belges plus d'un milliard par an. Comment en est-on arrivé là ? Lors de la création des centrales nucléaires, l'Etat belge avait autorisé un mécanisme d'amortissement rapide qui permet aujourd'hui à Electrabel de produire de l'énergie - qu'il nous revend très cher - à un faible coût. Ce mécanisme est connu sous la dénomination de 'windfall profits'. Greenpeace se bat depuis des années pour obtenir le remboursement de cette avance. Cette demande s'assortit de la volonté d'investir les sommes récupérées dans les énergies renouvelables.

Des centrales viellisantes

Ce qui nous amène au second dossier qui nous préoccupe particulièrement : le respect de la loi sur la sortie du nucléaire selon le calendrier voté en 2003, à savoir, la fermeture de trois premiers réacteurs en 2015 et des quatre derniers d'ici 2025. Ne pas respecter ce calendrier serait faire le jeu de capitaines d'industrie peu préoccupés de notre bien-être comme M. Mestrallet. Mais ce serait aussi prendre deux risques majeurs. Le premier de ces risques est concret. Nos centrales nucléaires vieillissent et n'ont pas été construites pour 'tourner' aussi longtemps. Nous entrons donc dans une zone inconnue avec des centrales placées anormalement près de grands centres urbains comme Liège, Namur ou Anvers et Malines. Un accident nucléaire aurait des conséquences catastrophiques pour les habitants, l'environnement mais aussi pour l'économie.

Ne pas se tromper d'investissement

Le second de ces risques est d'investir dans des technologies qui ont fait leur temps en lieu et place d'énergies d'avenir qui sont non seulement plus sûres mais aussi et surtout pourvoyeuses d'emploi. Ce qu'il faut s'est penser 'relance' et rien de tel pour relancer l'industrie en Belgique que de jouer la carte des énergies renouvelables. Des calculs réalisés à l'échelon européen indiquent que l'on pourrait créer en quelques décennies des centaines de milliers d'emplois.

100.000 « Non » au nucléaire

La question que certains se poseront est certainement celle de la faisabilité de la sortie du nucléaire. Investir dans l'efficacité énergétique (des économies d'énergie et des appareils électriques plus sobres) et massivement dans des énergies renouvelables et c'est maintenant qu'il faut le faire. C'est d'ailleurs le souhait de plus de 100.000 Belges qui ont signés avec Greenpeace et la plate-forme Stop and Go, le « non » au nucléaire.

Aucun commentaire Ajouter un commentaire

Poster un commentaire 

Pour poster un commentaire, vous devez être inscrit(e).