Record de CO2 dans l'atmosphère battu

Actualité - 13 mai, 2013
Le capteur de l'observatoire de Mauna Loa dans l’archipel d’Hawaï a lâché la nouvelle samedi : la concentration de CO2 dans l'atmosphère de notre planète a dépassé le cap symbolique des 400 parties par millions (PPM). Il faut urgemment inverser la tendance.

Isolé des sources de pollution directe, perdu au milieu du Pacifique, cet observatoire est considéré comme le spot de référence depuis lequel la communauté scientifique regarde année après année grimper la courbe de concentration du CO2 dans l'air. L'annonce faite par l'observatoire est donc ressentie comme un nouveau cri d'alarme...

Que veut dire ce chiffre ?

Ce chiffre un peu abstrait pour le commun des mortels est pourtant celui à connaître si on veut comprendre le réchauffement climatique. En gros, plus il grimpe, plus les températures vont monter. Il y a un peu plus de 150 ans, avant la révolution industrielle, la concentration de CO2 dans l'atmosphère était stabilisée aux alentours de 270 PPM. Puis, à force de brûler charbon, pétrole et gaz, cette concentration a augmenté pour finalement exploser à partir des années 50. « A ce rythme, nous atteindrons les 450 PPM d'ici quelques décennies » rappellent les géologues travaillant à l'observatoire hawaïen. Or, les scientifiques rassemblés au sein du GIEC sont clairs : si nous atteignons ces fameux 450 PPM, il deviendra difficile d'éviter une augmentation de +2°C de la température globale de notre planète. Et ça, ça n'a plus rien d'abstrait, car faut-il encore le rappeler, au-delà de 2°C, c'est le grand saut dans l'inconnu climatique : augmentation et intensification des sécheresses, perte de biodiversité, perte de production agricole...

Pendant ce temps-là, les émissions explosent

Les dirigeants de la planète ont promis d’éviter un tel scénario. Au moment même où le capteur hawaïen s'affole et nous laisse deviner un avenir climatique des plus sombres, les représentants des195 membres de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques se sont rassemblés à Bonn la semaine dernière pour préparer la grand-messe climatique annuelle qui aura lieu en novembre à Varsovie. Or, rien n'indique qu’ils aient entendu le nouveau cri d'alarme venu du Pacifique... L'année dernière, ils se sont encore donné 3 ans pour arriver à un accord global sur le climat limitant les températures à +2°C, fixant la nouvelle échéance à 2015. Cette nouvelle échéance politique arrive bien tard et pourrait en tous cas bien être notre dernière chance... Sans accord, il faut hélas s'attendre à d’autres mauvaises nouvelles émanant de l'observatoire de Mauna Loa...