Greenpeace face à la justice, c'est la liberté d'expression qui trinque !

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Actualité - 17 février, 2011
Greenpeace au tribunal correctionnel, c'est plutôt surréaliste ! C'est pourtant ce qui s'est passé dans l'après-midi du 17 février 2011. Des militants ont comparu devant la 60ème Chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. Que leur reproche-t-on ? Avoir participé en décembre 2009 à une action en faveur du climat. Résultat des courses ? Le Procureur du Roi a requis une peine d'un mois de prison et 1100 euros d'amende par prévenu. Le verdict est attendu le 17 mars.

 

Le militantisme criminalisé

L'inculpation porte sur « faux et usage de faux » et concerne des ressortissants belges, français, néerlandais et britanniques. Les documents qu'ils portaient auraient permis de les identifier et de comprendre immédiatement leur motivation. Pour Greenpeace, il ne fait aucun doute que cette inculpation est parfaitement disproportionnée et qu'elle renvoie à une tendance de fond qui vise à criminaliser le militantisme. Et que de nombreux spécialistes attestent.

Si cette tendance se confirme, poursuit Michel Genet, directeur général de Greenpeace, des organisations comme la nôtre risquent de ne plus pouvoir exercer pleinement leur mission. La peine demandée aujourd'hui par le Procureur du Roi est sans commune mesure avec les faits. La liberté d'expression n'est pas prise en compte or, il incombe aussi au Parquet de faire respecter ce droit fondamental. »

Le procès qui a eu lieu aujourd'hui vient en effet s'ajouter à une série d'actions en justice menées à l'encontre de Greenpeace par différents Etats ou groupes industriels. Des actions pacifiques de Greenpeace se sont soldées par une criminalisation notamment en Belgique, au Japon, au Danemark et au Canada.

Et la liberté d'expression dans tout cela?

Tous ces précédents incitent Greenpeace à se demander quelle est la valeur encore accordée à la liberté d'expression dans une société qui a - de plus en plus souvent et de plus en plus rapidement - recours à la judiciarisation de dossiers qui relèvent de l'expression d'opinions ou d'idées.

C'est pourquoi nous resterons particulièrement attentifs à la manière dont la Belgique respecte la liberté d'expression, conclut Michel Genet. Ce procès n'est pas celui de Greenpeace mais bien de citoyens préoccupés par le bien commun.»

Nous sommes scandalisés par la criminalisation de ceux qui expriment leurs opinions ouvertement et pacifiquement. C'est symptomatique d'une société gagnée par la peur mal digérée du terrorisme et qui risque, à terme, de remettre en cause ses propres avancées démocratiques.

La peine requise aujourd'hui contre les militants ne nous dissuadera pas de poursuivre notre mission dans tous les lieux où notre présence est nécessaire.

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