Sortie du nucléaire : va-t-on enfin vers un futur énergétique durable ?

Poster un commentaire
Actualité - 31 octobre, 2011
Dimanche, les formateurs ont décidé de respecter le principe de la loi sur la sortie du nucléaire. C'est la décision qu'il fallait prendre mais il faut la mettre en place sans nouvelles manœuvres pour différer la fermeture de nos centrales nucléaires. Après le chantage honteux de GDF Suez-Electrabel ces dernières semaines, nos décideurs politiques peuvent démontrer qu'ils accordent plus de crédit à l'émergence d'un futur énergétique durable qu'à la course aux profits d'une multinationale étrangère. Comment ? En mettant les économies d'énergie et les investissements dans les énergies renouvelables au cœur de son action.

 

Pour rappel, la loi de sortie du nucléaire prévoit la fermeture en 2015 de nos trois plus anciens réacteurs, à savoir Doel 1, Doel 2 et Tihange 1. Resterait alors quatre réacteurs dont la fermeture est programmée entre 2022 et 2025. C'est ce timing que les négociateurs viennent de confirmer, tout en s'aménageant une porte de sortie quant au calendrier à respecter. ..

[R]évolution énergétique

L'annonce de ce dimanche est en soi une excellente nouvelle. Comme l'Allemagne, la Belgique va pouvoir s'atteler à l'émergence d'un futur énergétique durable, avec à la clé de nouveaux emplois. Pour que les producteurs d'énergies durables puissent s'installer sur le marché belge de l'énergie, il est indispensable de fermer progressivement les centrales nucléaires.

Un plan d'équipement devra être mis sur pied pour accompagner ces fermetures d'une manière acceptable d'un point de vue socio-économique. Ce qui apportera toutes les garanties voulues à ceux qui souhaitent investir dans des nouvelles capacités de production durables. Sans cela, les acquis de ces derniers jours ne seront rien de plus qu'un écran de fumée visant à faire passer en douce la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires.

Economies d'énergie

Greenpeace et la plate-forme “Stop and Go” vérifieront si une politique énergétique axée sur le futur se met effectivement en place. Cette politique doit être basée sur la diminution de notre demande en énergie aujourd'hui excessive et sur le développement optimal des énergies renouvelables. En Belgique, les économies d'énergies sont un véritable gisement. Il s'agit de matières régionales qui doivent devenir tout à fait prioritaires. Une concertation avec l'échelon fédéral doit être mise sur pied. Notre prochain gouvernement fédéral devra, pour sa part, s'atteler à l'élaboration d'un plan véritablement axé sur le futur qui pourra servir de cadre pour les investisseurs.

Pétition

Dans la foulée de la catastrophe de Fukushima, Greenpeace a lancé une pétition pour la sortie du nucléaire. Cette pétition a été remise le 21 octobre dernier avec d'autres organisations réunies au sein de la plate-forme « Stop and Go ». Elio Di Rupo a ainsi reçu en mains propres quelque 100.000 signatures. Un signal fort que les négociateurs ne pouvaient pas nier...

Sortir du nucléaire, oui merci !

Beaucoup se posent la question de la faisabilité de cette sortie annoncée du nucléaire. Fermer trois réacteurs en 2015 ne devrait pas poser de problème. Que du contraire ! Pourquoi ? Nos trois plus anciens réacteurs produisent ensemble 15.000 GWh. Or, si l'on prend en compte l'ensemble des projets déjà en place ou en cours de réalisation, on obtient une production électrique tout à fait comparable, qui serait produite à partir de sources renouvelables (éolien, solaire...) et de centrales au gaz efficaces et peu polluantes.

Tout ceci ne devrait pas nous éloigner du cœur du problème : pour réussir la sortie du nucléaire, il faut agir sur deux tableaux. Agir sur la demande en énergie est en effet indispensable. Il faut en d'autres termes : économiser l'énergie. Insurmontable ? Pas du tout, la Belgique est tellement à la traîne dans ce domaine qu'elle peut mettre les bouchées doubles et y aller franco. Au rayon 'économies pures', citons par exemple l'isolation des maisons. Il est bien sûr nécessaire d'adapter nos comportements, arrêtons de laisser la lumière allumée en quittant une pièce, évitons les appareils en position stand by etc.

Okay, les petits ruisseaux font les grandes rivières mais font-ils fermer les centrales nucléaires ? Nous devons également agir en améliorant l'efficacité énergétique de nos appareils électriques. Les ampoules économiques et les frigos A++ participent de cet effort. Ces technologies doivent encore être généralisées et nous devons stimuler leur utilisation.

Nous voilà arrivés au plat de résistance : comment passer d'un système centralisé de production d'énergie (le nucléaire) à un système décentralisé, mieux adaptable aux fluctuations de la demande et résolument inscrit dans une perspective européenne ? C'est tout le potentiel des énergies renouvelables qui s'offre à nous. Ces énergies sont tout d'abord multiples et combinables. Ces combinaisons vont nous permettre de développer un système de production énergétique intelligent pour gérer offre et demande de manière flexible.

L'éolien, dans sa version off shore, présente un potentiel tout à fait remarquable. Si le vent ne souffle pas du côté de Zeebrugge, il souffle peut-être en Ēcosse. Greenpeace a planché sur l'interconnexion des parcs éoliens en mer du Nord et depuis, cette idée fait son chemin.

Le même raisonnement peut être tenu pour le solaire, en Belgique, il présente un certain potentiel dans sa version solaire thermique car ce qu'il faut ce sont des toits et ça, pas de doute, nous en avons ! La géothermie, l'hydraulique, l'énergie des vagues, toutes ces énergies nous tendent les bras.

Période de transition

Ce qui a manqué jusqu'à présent pour qu'elles puissent prendre leur essor, c'est un signal clair que l'ère du nucléaire est derrière nous. Ce devrait à présent être chose faite. Nous pouvons enfin espérer qu'un cadre clair soit créé pour les investisseurs.

Reste alors à trouver des solutions pour la période de transition. La bonne nouvelle c'est que là aussi, nous avons des solutions. Greenpeace a d'ailleurs consacré de nombreuses études à cette problématique.

Elles constituent une série intitulée Energy [r]evolution et concernent différentes parties du monde. Le gaz se profile comme l'énergie de transition par excellence. Ce n'est pas idéal mais beaucoup mieux que le nucléaire ou le charbon et certaines nouvelles centrales de type TGV (turbine, gaz, vapeur) ne manquent pas d'efficacité. La cogénération offre également des possibilités.

En clair, il n'y avait aucune raison valable pour postposer la sortie du nucléaire.

Faire un don

Nous dépendons entièrement de particuliers comme vous pour pouvoir mener à bien notre travail.

 

Aucun commentaire Ajouter un commentaire

Poster un commentaire 

Pour poster un commentaire, vous devez être inscrit(e).