Une Belge dans le Grand Nord

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Actualité - 6 juin, 2014
Notre collègue Lennie Stinissen s'est rendue dans la région du Pôle Nord pour la campagne Save the Arctic. A bord de l’Esperanza, un des navires de Greenpeace, elle nous explique comment et pourquoi cette action.

Pourquoi l’Esperanza naviguait-il dans la mer de Barents au cours de ces dernières semaines ?

Pour protester contre les projets de l’entreprise pétrolière d’état norvégienne Statoil. Elle veut extraire du pétrole du pôle nord et ce, dans la zone la plus au nord jamais exploitée. Mais pas si loin de là se trouve la réserve naturelle de l’île aux Ours. En cas de catastrophe pétrolière, l’île serait recouverte en moins d’une semaine de souillure noirâtre. C’est ce qu’a calculé Statoil elle-même et elle a pourtant obtenu le feu vert des autorités norvégiennes qui est propriétaire à 67 % de l’entreprise.

Une fuite de pétrole constituerait une catastrophe pour les millions d’oiseaux qui se reproduisent sur l’île, et les dauphins, baleines, phoques et morses qui vivent dans la mer. Des renards polaires et des ours polaires y viennent également mais de moins en moins ces dernières années. Du fait du changement climatique, les glaces atteignent encore rarement l’île. Il est donc complètement fou de vouloir exploiter, précisément dans cette région, encore plus de pétrole émetteur de CO2.

Greenpeace Esperanza Arctic Ship Tour 2014The Greenpeace ship Esperanza visits the Arctic nature reserve Bear Island in the Barents Sea. Home to an estimated one million sea birds in the summer months this bird colony is one of the largest in the northern hemisphere. Bear Island is located 74 degrees north and around 175 km east from the island where the state owned Norwegian oil company planning to drill the world’s northernmost oil well so far. The Greenpeace ship Esperanza is in the Arctic to expose and confront Statoil’s plans in the far North.

Comment avez-vous fait pour bloquer Statoil le plus longtemps possible ?

Quinze activistes ont escaladé la plateforme pétrolière le mardi 27 mai. C’était sur son trajet vers le lieu de forage et la plateforme était donc considérée comme un navire selon le droit international. Les garde-côtes norvégiens devaient d’abord recevoir l’autorisation de l’Etat du pavillon de ce navire, dans ce cas les îles Marshall, pour déloger les activistes. Cela a pris 48 heures, après quoi la police norvégienne a pu dégager la plateforme de forage pacifiquement.



Greenpeace Esperanza Arctic Ship Tour 2014PICTURED:Greenpeace activists board the Transocean Spitsbergen oil rig.



Les Finlandaises Sini Saarela et Rosa Gierens sont restés jusqu’au dernier moment. Elles avaient là-haut “a room with a view”, avec une vue sur les baleines et les dauphins qui nous ont tenu compagnie pendant cette action. Dans cette vidéo, elles donnent une visite guidée de leur “occupation home”.


Greenpeace avait peu auparavant introduit un plainte auprès de l’Agence environnementale norvégienne pour faire annuler le permis de Statoil mais elle avait été rejetée malgré 125.000 signatures pour protéger la vulnérable île aux Ours.

Directement après, l’Esperanza est allé occuper le lieu de forage. Il se trouve dans les eaux internationales et tout navire peut donc y naviguer librement sauf si quelqu'un a, au prélable, demandé une zone de sécurité. Ce que Statoil n’avait pas fait, mais les autorités norvégiennes leur ont une fois encore porté secours et ont déclaré la zone de sécurité quand même valable. Lisez à ce propos le blog de mon collègue Daniel.



Ensuite, tout est allé très vite. Le vendredi 30 mai, un navire de ravitaillement nous a bloqués de sorte que la plateforme a pu s’éloigner de quelques dizaines de mètres de l’Esperanza. Les garde-côtes norvégiens, qui nous suivaient depuis Tromsø, nous ont demandé par radio de partir, ce que nous avons refusé. Par la suite, ils ont illégalement arraisonné le navire et l’ont remorqué direction Tromsø. Mais personne à bord n’a été arrêté ou inculpé.




L’action a donc été interrompue par les garde-norvégiens. Néanmoins, on peut parler d’une réussite.

Cette action a permis de réveiller le débat sur le pétrole du pôle Nord. Plus de 125.000 personnes ont signé notre pétition en une semaine et la presse internationale a fait largement écho à notre action. Statoil dépense des millions en marketing écologique, mais aujourd’hui beaucoup de gens savent à travers notre action que – tout comme Gazprom, Exxon, Rosneft et Shell – ils ont senti l’odeur de l’argent dans le pôle Nord. L’image écologique de la Norvège est aussi écornée. Il a maintenant montré son vrai visage.

Naturellement, cette action n’est pas la dernière. Greenpeace continuera à protester contre l’exploitation du pétrole du Pôle Nord jusqu’à ce que la zone inhabitée autour du Pôle Nord soit reconnue comme une réserve interdite à toute forme d’industrialisation.

> Protégez également le Pôle Nord : www.savethearctic.org.

 

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Jolan dit:

Surtout continuez !!!! et bravo encore !

Posté 12 juin, 2014 à 14:25 Signaler un abus Répondre

Diatrima dit:

Bravo pour votre action!

Posté 10 juin, 2014 à 20:02 Signaler un abus Répondre

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