Une Belge escalade un gratte-ciel anglais

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Actualité - 12 juillet, 2013
Jusqu’où iriez-vous pour protéger l’Arctique ? Hier, six femmes ont escaladé, sans autorisation préalable, le plus haut bâtiment d’Europe Occidentale, le Shard à Londres, dont le sommet culmine à 308 mètres. Parmi les activistes, il y avait une Belge, Sabine Huyghe (33 ans). Pas moins de 15 heures auront été nécessaires pour accomplir cette incroyable ascension, qui aura fait grand bruit et suscité l’intérêt du grand public et des médias à travers le monde.

Conçu par l'architecte Renzo Piano, le Shard n'a pas été innocemment choisi par les activistes de Greenpeace. Celui-ci se situe en effet à proximité du siège central de la compagnie pétrolière Shell, sur la rive sud de la Tamise. Une entreprise qui a pris les devants dans la course à l'Arctique et qui a investi des milliards pour y mener des opérations de forage en Alaska et en Russie.

Thom Yorke

« Des millions de gens ont demandé à Shell de quitter l’Arctique mais la société les ignore, déclarait la Belge Sabine Huyghe avant son ascension, qui a débuté à 5h du matin (heure belge). C’est pour cette raison que je suis venue à Londres, pour protester. Cette ascension sera la chose la plus difficile que chacun de nous aura eu à faire, on aura les nerfs à fleur de peau, on n'arrivera peut-être pas au bout mais on va tout donner. De cette manière, quand les dirigeants de Shell regarderont par la fenêtre de leur bureau, ils verront au-dessus d’eux à quel point l’Arctique est belle. »

Les militantes qui ont relevé le défi à Londres sont originaires du Royaume-Uni, du Canada, de Suède, de Pologne, des Pays-Bas et, donc, de Belgique. Leur intention était d’accrocher, au sommet, une représentation artistique de l’Arctique, pour dévoiler aux yeux du monde (et des dirigeants de Shell) toute la beauté de cette région qui doit être protégée. Mais, l’ascension étant particulièrement rude, le temps a manqué aux activistes de Greenpeace, qui n’ont pu déployer l’œuvre d’art. Ce qui n’a pas empêché, tout au long de la journée, des dizaines de milliers de personnes de suivre l’action en live stream et d’encourager les six femmes. Des personnalités telles qu’Annie Lennox, Thom Yorke ou encore Ewan McGregor figuraient parmi ces milliers de supporters.

 

"C'est fou"

« On ne peut pas forer en toute sécurité en Arctique, les conséquences peuvent être catastrophiques pour la vie sauvage et pour les gens qui vivent là-bas, poursuivait Sabine Huyghe, qui travaille au service administratif d’une université flamande. La principale raison pour laquelle Shell ne peut pas forer en Arctique est que le changement climatique fait fondre la banquise, ce qui signifie que des plate-formes se retrouvent dans des zones qui étaient habituellement gelées. Ces gens veulent forer pour des carburants qui ont pour conséquence la fonte de la banquise et le réchauffement planétaire. C’est fou. »



Shell a en effet investi 5 milliards de dollars dans son « programme Arctique », mais après une série d’incidents embarrassants, à l'image de cette plate-forme échouée, l'entreprise a été contrainte, cet été, de délaisser les côtes de l'Alaska. Depuis, Shell a toutefois conclu un accord avec Vladimir Poutine et le géant pétrolier Gazprom pour pouvoir forer du côté russe de l’Arctique, une région où les règlements sont laxistes et les accidents monnaie courante. 

Voir les photos sur Facebook.
Exigez vous aussi la protection de l’Arctique en surfant sur www.savetheartic.org


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