Une fuite de pétrole causerait d’immenses dégâts dans l’Arctique russe

Poster un commentaire
Actualité - 21 août, 2012
Une fuite de pétrole nuirait gravement à l'Arctique russe, une région déjà fragilisée. Voici ce qu’il ressort d’une nouvelle étude menée par Greenpeace et le WWF.

Gazprom, le géant russe de l’énergie et opérateur de l’immense plate-forme pétrolière Prirazlomnaya en Arctique, ne pourrait réagir comme il se doit en cas d’incident lors de forages pétroliers. Un accident pourrait entraîner une grave pollution à long terme de l'Arctique russe, y compris des régions côtières et des principaux habitats d'animaux sauvages. En outre, le plan d’urgence de Gazprom pour cette région a expiré au mois de juillet. Tous les nouveaux forages effectués par l’entreprise sont donc illégaux. Le ministère de crise a en effet confirmé dans un courrier adressé à Greenpeace Russie que le plan d’urgence de 2007 avait bel et bien expiré.

Telles sont les constatations d’une enquête menée par des scientifiques et des environnementalistes russes de Greenpeace et du WWF Russie.

Aucune préparation contre les fuites

« Je suis en Russie pour attirer l’attention sur le développement commercial de l’Arctique, déclare Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International. La glace fond et des géants du pétrole tels que Shell et Gazprom en profitent pour y extraire le pétrole. Ces entreprises pétrolières prétendent être préparées aux situations d’urgence et respecter les exigences les plus strictes en matière d’environnement, mais le plan d’urgence de Gazprom vient d’expirer le mois dernier. Plusieurs scientifiques nous ont déclaré que leurs préparations étaient totalement inadaptées. Ils ne ménagent pas l’une des régions les plus hostiles et les plus fragiles de la terre. Shell prétend disposer d’un système d’urgence de pointe en Alaska, mais selon les experts, il n’existe aucun moyen de retirer le pétrole de la glace. Les scientifiques russes que nous avons consultés sont unanimes : Gazprom n’est pas préparé à une éventuelle fuite de pétrole dans des circonstances aussi extrêmes. »

Une pollution sur 140.000 km2

Le gouvernement russe et Gazprom espèrent pouvoir puiser plus de 70 millions de tonnes de pétrole en 25 ans. « Toutefois, il ressort de notre analyse que l’entreprise pétrolière ne sera pas en mesure de faire cesser une éventuelle fuite de pétrole, déclare Valentin Zhuravel, project manager chez Informatica Riska. Si la fuite a lieu de nuit ou dans de mauvaises conditions climatiques, cet accident peut entraîner une grande pollution de la mer de Pechora et de toutes les régions protégées. »

Les experts ont étudié des milliers de scénarios possibles et en ont conclu que la pollution potentielle pourrait s’étendre sur 140.000 km2 de mer, soit environ la superficie de l’Irlande. Sans compter les 3000 kilomètres de côtes ! Parmi les zones à risque, on compte aussi trois domaines naturels protégés, à 50 kilomètres environ de la plate-forme pétrolière de Prirazlomnaya. Ces régions sont peuplées de morses et de différentes espèces d’oiseaux. Mais Gazprom n’a pas prévu d’argent pour sauver les animaux.

15 petits seaux

« Il n’existe aucune technique pour enlever efficacement ce pétrole. Pour nettoyer la côte, l’opérateur de la plate-forme pétrolière Prirazlomnaya dispose en tout et pour tout de 15 pelles, de 15 seaux et d’un marteau, déclare Igor Chestin, directeur de WWF Russie. Puisque nous ne possédons pas la technologie, nous devons simplement oublier le développement industriel de l’Arctique. »

Greenpeace demande à Gazprom et au gouvernement russe de mettre un terme aux projets pétroliers en Arctique et d’investir dans l’efficacité énergétique et dans l’énergie renouvelable. 



Aucun commentaire Ajouter un commentaire

Poster un commentaire 

Pour poster un commentaire, vous devez être inscrit(e).