Actualité - 22 juin, 2009
Greenpeace a fait réaliser par l’Université de Vienne un ensemble de cartes simulant – sur base de données météorologiques réelles – le nuage radioactif qui s’échapperait de Tihange (Huy) ou de Doel (Anvers) en cas d’accident nucléaire grave. Selon la direction des vents, un territoire aussi grand que la Belgique pourrait être déclaré inhabitable pendant plusieurs décennies. Or, la couverture d'Electrabel pour le risque nucléaire est plafonnée à 300 millions d'euros à peine.
Et si ça tournait mal... que diriez-vous? Sorry?
Ces derniers jours, des bénévoles de Greenpeace ont distribué 80.000 lettres aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires. Ces lettres, rédigées sous une forme ludique, avaient pour objectif de les informer de la nonchalance d'Electrabel en matière d'assurance. Si un grave accident nucléaire devait se produire, moins d'un millième du risque serait assuré. Greenpeace a également fait réaliser des cartes montrant la dissémination probable du nuage radioactif en cas d'accident sévère.
Responsabilité industrielle d'Electrabel
En se basant sur des estimations réalisées dans d'autres pays, on peut déduire qu'avec la densité et le taux d'industrialisation de la Belgique, l'impact économique du risque nucléaire est énorme. Il est également acquis que si le coût d'une couverture tenant compte de ce facteur économique était intégré au prix de l'électricité, le nucléaire ne serait financièrement plus concurrentiel. En Belgique, la responsabilité de l'exploitant a été historiquement limitée, ce qui équivaut à subventionner indirectement le nucléaire.
Pour amender cette situation, Greenpeace a interrogé divers juristes qui ont défini une proposition de texte de loi. Celle-ci devrait permettre de répondre aux déséquilibres dénoncés en matière de responsabilité industrielle via un système de « taxe sur les risques nucléaires » destinée à alimenter le fonds Kyoto. Ce fonds pourrait servir à investir dans les renouvelables et l'efficacité énergétique.
La carte
Légende, établie sur base de mesures prises en Ukraine, Biélorussie et Russie [source UNDP, 2002]
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Zone faiblement radioactive, aucun contrôle supplémentaire de la radioactivité n'est prévu sous les 37kBq/m² |
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Zone avec contrôle supplémentaire de la radioactivité, en particulier dans l'agriculture (contrôle des denrées alimentaires) et le secteur bois |
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Contrôle sévère de la radioactivité dans le domaine de l'agriculture. L'évacuation est conseillée dans les régions où la dose annuelle est supérieure à 1mSv/an |
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Evacuation obligatoire si la dose est supérieure à 5mSv/an |
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Zone d'évacuation prioritaire. Il faudra des dizaines d'années avant que la dose annuelle diminue sous les 1mSv/an |
Sortie du nucléaire
Le récent sondage réalisé pour Greenpeace par Ipsos démontre que les Belges sont prêts à plébisciter les énergies renouvelables. Le gestionnaire du réseau Elia a, par ailleurs, recensé « des prévisions d'évolution des capacités de production » qui permettent d'envisager sérieusement la première phase de la sortie du nucléaire. Ce qui vient confirmer les estimations réalisées ces dernières années par Greenpeace dans différents scénarios énergétiques.
La publication des cartes de contamination et la proposition de « taxe sur les risques nucléaires » doivent inciter nos décideurs à sortir du flou entretenu autour de la sortie du nucléaire. Le risque est trop important pour s'en tirer avec un « sorry, on n'y a pas pensé »...
Vous y découvrirez les cartes de dispersion radioactive pour Doel 1 et Tihange 1, deux des réacteurs qui doivent être légalement fermés en 2015. La loi sur la sortie du nucléaire prévoit la sortie des réacteurs restants en 2025.