L’espace aérien au-dessus des centrales nucléaires n’est pas impénétrable !

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Actualité - 2 mai, 2012
Ce matin, à 7h40, un militant de Greenpeace, à bord d’un paramoteur, a survolé la centrale du Bugey en France (35 km à l’est de Lyon), pénétrant un espace aérien interdit. Illustrant la vulnérabilité des installations nucléaires à la menace aérienne, il a réussi à déposer des fumigènes sur l’un des réacteurs et a atterri à l’intérieur du site.

Ce survol illustre la vulnérabilité des sites nucléaires français face à la menace d’une
attaque aérienne. Alors que l’Allemagne a pris en compte la chute d’avion dans ses tests
de sûreté, la France refuse toujours d’analyser ce risque pour nos centrales !



En Belgique, la situation n’est pas plus favorable. La centrale nucléaire de Doel est
particulièrement vulnérable avec un accès facile via l’Escaut. La centrale de Tihange
se trouvant dans une vallée légèrement encaissée, on peut estimer qu’elle est sur ce
plan, un petit peu mieux protégée. La Belgique s’est engagée à analyser la sécurité de
nos centrales sous l’angle d’un « acte de malveillance humain » mais les résultats de
ces analyses (réalisées comme surplus au-delà le cadre des stress tests européens) sont considérés comme secrets. Impossible dans ces conditions de leur opposer un regard critique…

Pour rappel, trois centrales françaises sont situées non loin de nos frontières, Gravelines,
Chooz et Cattenom. Tout manquement dans la sécurité des centrales françaises nous
concerne également.



Greenpeace publie ce jour une étude réalisée par un expert britannique sur la vulnérabilité
des centrales nucléaires françaises aux chutes d’avion (résumé en français ou texte intégral en anglais).

La chute d’un avion de ligne sur une centrale nucléaire, jugée peu probable par les autorités
de contrôle, n’a jamais été prise en compte ni dans la conception, ni durant l’exploitation de
nos installations.

Pourtant, dans ce cas, les confinements primaires des 58 réacteurs seraient confrontés à
un risque de défaillance. De même, les bâtiments abritant les piscines de refroidissement
des combustibles irradiés seraient soumis à un risque de perforation ou d’effondrement
de leur structure. Ces piscines, qui contiennent souvent plus de combustibles radioactifs
que les réacteurs eux-mêmes, peuvent être à l’origine d’un accident nucléaire majeur.

Les 34 réacteurs de 900 MW, ceux du Bugey, mais aussi ceux de Fessenheim, Gravelines,
Dampierre, Blayais, Chinon, Saint-Laurent et Cruas, sont particulièrement vulnérables aux
agressions extérieures en raison d’un confinement primaire en béton simple doublé d’une
paroi métallique intérieure.

Une accumulation de preuves : une vidéo d’un survol de… l’usine de La Hague

Greenpeace publie aussi une vidéo inédite montrant des images aériennes de l’usine de
retraitement de la Hague. Ces images, tournées en novembre 2011 par un engin volant équipé
d’une caméra, sont une autre preuve que rien n’a été fait pour prendre sérieusement en compte la menace d’une attaque aérienne sur les installations nucléaires françaises.

Sur le site de la Hague, sont stockés plus de 10 000 tonnes de combustibles irradiés dans des piscines de refroidissement, ainsi que 64 tonnes de plutonium. Ces matériaux hautement
radioactifs ne sont protégés que par des bâtiments simples sans renforcement spécifique
contre la menace aérienne.

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