Victoire pour le climat: Kris Peeters refuse le charbon à Anvers

Actualité - 18 novembre, 2009
Greenpeace a organisé, devant le siège du gouvernement flamand, la projection d'un film muet où le charbon tenait la vedette. L'objectif était de demander au ministre président flamand, Kris Peeters, de prendre clairement position contre le charbon et pour le climat. Mission accomplie !

Kris Peeters déclare le charbon « ennemi climatique » à Anvers !

Dans ce court métrage, c'est le charbon qui tient la vedette. Il s'agit d'un combustible d'une autre époque dont l'utilisation n'est pas compatible avec les efforts qui s'imposent au niveau mondial pour freiner les émissions de CO2.

La projection du court métrage marquait  le début d'une veille contre le charbon que Greenpeace entendait tenir jusqu'au Conseil des ministres de la Région flamande de ce vendredi matin. Une trentaine de militants avaient l'intention de s'installer pour la nuit aux abords du cabinet Peeters. Rassurée par les déclarations du ministre-président, Greenpeace a mis un terme à son action.

Greenpeace demandait

1)que la Flandre n'autorise pas de nouvelles centrales au charbon sur son territoire;

2)que la Flandre défende une réduction d'au moins 40 % de CO2 d'ici 2020 comme objectif pour les pays riches lors de la conférence sur le climat de Copenhague.

Greenpeace s'était adressée plusieurs fois ces dernières semaines au ministre-président flamand pour lui demander de rejeter publiquement la demande d'autorisation d'une véritable « usine à CO2 » à Anvers. Ses actions se transforment aujourd'hui en une éclatante victoire pour le climat. En effet, la déclaration du numéro un flamand devrait dissuader E.ON de poursuivre son projet polluant. La Flandre se donne ainsi une chance d'opter pour des énergies renouvelables qui, combinées à des économies d'énergie, sont un choix bien plus judicieux si l'on veut parvenir à freiner les émissions de gaz à effet de serre. Une bonne nouvelle donc, obtenue à quelques jours de l'ouverture du Sommet des Nations unies sur le climat, à Copenhague.

Egalement interpellé sur la position de la Flandre - et par extension de la Belgique - quant aux réductions de CO2 à négocier à Copenhague, Kris Peeters s'est déclaré prêt à tout mettre en oeuvre pour honorer les accords existants. Ceux-ci portent sur une réduction de gaz à effet de serre de 20%. L'objectif de - 40% de réduction de CO2 dans les pays industrialisés (d'ici 2020) indispensable pour faire efficacement face aux changements climatiques est pour lui « à discuter ».

La « fabrique à CO2 » que le groupe E.ON veut construire, émettrait annuellement 6,3 millions de tonnes de gaz à effet de serre, presque 8% des émissions que la Région flamande émet annuellement. Pour combattre de manière efficace les changements climatiques, une réforme de notre système énergétique s'impose. De nouvelles centrales au charbon, qui émettront des millions de tonnes de gaz à effet de serre pendant ces quarante prochaines années, ne font pas partie d'un tel système.

Certains diront que le CO2 issu de la combustion du charbon pourra bientôt être capturé et stocké mais cette technologie - généralement appelée CCS - n'est pas encore opérationnelle et ne le sera sans doute pas avant une trentaine d'années. Par ailleurs, le rendement des centrales au charbon est très faible. C'est le cas notamment de la centrale qu'E.ON envisage de construire: plus de la moitié de la valeur énergétique sera perdue via les tours ou les eaux de refroidissement.

Au niveau mondial, les centrales au charbon émettent annuellement quelque 11 milliards de tonnes de CO2, ce qui représente 41 % des émissions totales de CO2  imputables à la combustion des combustibles fossiles. A elle seule, la Flandre a émis près de 10,5 millions de tonnes de CO2 en 2007.

A quelques jours de la conférence des Nations unies, Greenpeace se réjouit de l'annonce du gouvernement flamand mais sera bien sûr attentive à la concrétisation des déclarations de Kris Peeters. Greenpeace continuera bien sûr à plaider pour un accord de Copenhague ambitieux et contraignant.