Culpabilité établie pour un commerçant de bois

Actualité - 31 juillet, 2006
Dans un verdict dont les implications sont lourdes de conséquences pour le commerce international du bois, un juge de La Haye a déclaré coupable un commerçant de bois/trafiquant d’armes pour avoir violé l’embargo instauré par les Nations unies sur les armes au Liberia. Il a été condamné à une peine de prison de 8 ans.

Gus Kouwenhoven, commerçant de bois, reconnu coupable de trafic d’armes au Liberia.

Le néerlandais Gus Kouwenhoven était l'une des figures centrales dans le commerce 'bois contre armes' au Liberia entre 2000 et 2003. Avec les fonds générés par ce commerce, le président du Liberia et le chef de guerre Charles Taylor ont acheté des armes qui ont servi lors de la guerre civile qui a coûté la vie à plus de 250.000 personnes.

Entre 2000 et 2003, nous avons découvert que le bois prélevé illégalement était ensuite acheté par les principales compagnies forestières d'Europe. Ces dernières ont refusé de mettre un terme à leurs achats auprès de Kouwenhoven, même lorsque les preuves établissant le lien entre le commerce de bois et le trafic d'armes sont devenues chaque jour plus évidentes.

Ce n'est qu'après le 7 juillet 2003, lorsque le Conseil de Sécurité des Nations unies a imposé des sanctions sur les exportations de bois du Liberia que les relations entre Kouwenhoven et les commerçants européens de bois ont enfin été rompues. Un mois après l'entrée en vigueur de l'interdiction d'exporter du bois originaire du Liberia, la guerre civile se termina dans le pays. Charles Taylor prit la fuite vers le Nigeria.

« Cette affaire montre que le commerce international du bois n'est toujours pas en état de s'auto-gérer », a déclaré Stephan Van Praet, responsable de la campagne forêt à Greenpeace. « L'absence de législations internationales sur l'importation de bois prélevé illégalement ou qui provient de régions à conflits est un facteur important qui explique que les forêts continuent à faire les frais d'une exploitation destructrice. Au Liberia, la vente de bois a permis de financer la guerre civile et les crimes qui ont suivi. Les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités pour mettre immédiatement un terme au commerce de bois prélevé illégalement ou provenant de régions connaissant des conflits ».

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