Défilé de mode sans toxiques

Actualité - 31 juillet, 2006
Seize créateurs, parmi lesquels Carmen March, Antonia Pernas et Jocomomola ont, à l'instigation de Greenpeace, organisé un défilé de mode. Leurs créations ont toutes été réalisées sans faire appel aux substances toxiques qui, la plupart du temps, sont contenues dans les vêtements.

Heureusement, il n'y a pas que la haute couture qui a conçu des vêtements sans substances toxiqus. Des géants de la mode comme H&M, Marks et Spencer et Puma, suivis par Mango et Camper, se sont déjà engagés à éliminer les substances dangereuses des vêtements qu'ils commercialisent.

Le défilé de mode a pour but de sensibiliser les hommes politiques qui, plus tard cette année, devront se prononcer sur la nouvelle législation européenne en matière de substances chimiques. C'est en effet cet automne que l'Union européenne devra décider du sort de la nouvelle législation chimique 'REACH'.

L'une des questions centrales est de savoir si l'industrie devra -ou non- systématiquement remplacer les substances chimiques dangereuses par des alternatives plus sûres. A l'heure actuelle, des milliers de substances chimiques sont utilisées dans les biens de consommation, et ce alors qu'on ne connaît que très peu de choses quant à l'impact de ces substances sur la santé et la sécurité. C'est ainsi qu'avant sa naissance, un enfant est déjà exposé à une centaine de substances chimiques fabriquées par l'homme.

Jamais encore l'industrie chimique n'a organisé un lobby semblable à celui qu'elle a mis sur pied aujourd'hui. L'objectif? Affaiblir la proposition de loi. Et ce alors que de nombreuses autres entreprises qui utilisent ces substances chimiques n'hésitent pas à reconnaître les avantages que procure la législation REACH. L'intérêt de REACH est grand, car bien qu'il s'agisse d'une loi européenne, REACH peut parfaitement devenir la norme mondiale. Il ne faut en effet pas oublier que l'Europe est le principal marché de l'industrie chimique dans le monde.

Les vêtements présentés à Madrid prouvent qu'il est parfaitement possible d'allier esthétique et respect de l'environnement. C'est aujourd'hui au tour du Parlement européen de prendre les devants et de voter en faveur du principe de substitution. C'est là une condition essentielle si nous voulons que nos vêtements contiennent les substances chimiques les moins dangereuses possibles.