Des agriculteurs témoignent : les OGM ne nous apportent rien de bon...

Actualité - 14 octobre, 2009
Partout dans le monde, des agriculteurs sont confrontés à la contamination génétique qui résulte de la culture de plantes transgéniques (OGM). Une délégation d'agriculteurs venus d'Espagne, de Suède et de Thaïlande sont aujourd’hui à Bruxelles dans l'espoir de convaincre l'Union européenne de s'opposer à ce fléau. Greenpeace a profité de leur présence pour remettre à la Commissaire européenne à la Santé, Madame Androulla Vassiliou une pétition à travers laquelle 180 000 signataires lui demandent de s’opposer à l’autorisation du riz transgénique LL62 développé par Bayer.

Greenpeace et une délégation d'agriculteurs ont remis à la Commissaire européenne à la Santé, Madame Androulla Vassiliou une pétition à travers laquelle 180.000 signataires lui demandent de s’opposer à l’autorisation du riz transgénique LL62 développé par Bayer.

Les agriculteurs présents à Bruxelles témoignent de leur expérience personnelle, de la manière dont ils ont été victimes de la contamination génétique. Tous ont opté pour des techniques agricoles respectueuses de l'environnement, des cultures bio, souvent pratiquées en famille. Ils ne sont pas venus les mains vides mais bien chargées des produits de leurs cultures : du maïs, du riz et des pommes de terre. Ces trois aliments phares sont en effet menacés par l'émergence de variétés transgéniques.

Le nombre de signatures recueillies par Greenpeace autour de la problématique du riz transgénique illustre à quel point les consommateurs ne sont pas enclins à voir ces variétés OGM finir dans leur assiette. Si la Commission européenne donne son feu vert au riz OGM de Bayer, cela représente une menace pour la culture de riz partout dans le monde. Pour éviter d'en arriver, Greenpeace a présenté un rapport à la Commission. Intitulé 'Testimonies of Contamination', ce rapport détaille - témoignages à l'appui - comment et pourquoi la coexistence entre des variétés transgéniques et non OGM est rigoureusement impossible.

Pour Greenpeace, les organismes génétiquement modifiés (OGM) n'apportent aucune réponse aux problèmes auxquels l'agriculture est aujourd'hui confrontée. Les risques de contamination génétique sont nombreux et les effets sur notre santé insuffisamment étudiés. Quant aux agriculteurs, ils sont parfois bien démunis face au poids des multinationales qui prétendent contrôler notre alimentation.

Nombreux sont les agriculteurs qui - comme ceux réunis à Bruxelles - optent pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement. Ils ne veulent pas se soumettre aux dictats de multinationales qui menacent de prendre le contrôle sur notre alimentation. Une agriculture écologique contribue à protèger les sols, les nappes phréatiques et les milieux naturels. Ce type d'agriculture produit une alimentation saine et limite la contribution du secteur agricole aux gaz à effet de serre entre autres suite à un recours moindre aux énergies fossiles et aux intrants chimiques. La culture de différentes plantes et variétés est la stratégie la plus efficace pour permettre à l'agriculture de s'adapter aux changements climatiques, de résister à différentes maladies et limiter l'utiilisation des pesticides.

C'est pourquoi Greenpeace demande à la Commission européenne de protéger notre alimentation en refusant les autorisations demandées par Bayer pour son riz transgénique, par BASF pour sa pomme de terre OGM et par Monsanto pour son maïs génétiquement modifié.

La délégation d'agriculteurs lésés par les cultures transgéniques a également été reçue par  Benoit Lutgen, ministre wallon de l'Agriculture.

En 2008, Greenpeace Belgique était partie à la rencontre d'agriculteurs français lésés par des OGM. Leurs témoignages complètent ceux entendus aujourd'hui au niveau européen.

Eduardo Campayo Garcia, d'Albacete en Espagne est un cultivateur bio dont la production est contaminé par du maïs transgénique. Voici son témoignage :

« J'ai décidé en 1992 de me lancer dans le bio. J'en étais arrivé à avoir peur de la quantité de pesticides que je devais employer pour satisfaire mes clients. Il ne fallait aucune tâche sur un légume, que tout soit impeccable et pour y arriver, il fallait dépendre de Dow Chemical et d'autres fabricants de produits chimiques. J'ai changé mon fusil d'épaule et je produits maintenant du maïs, des oignons, des raisins et de l'ail bio...

Dans ma région, le centre de l'Espagne, je dois faire face à deux problèmes fondamentaux : la sécheresse et la pauvreté du sol. Pour répondre au premier problème, j'ai mis au point des techniques d'irrigation et pour les sols, je pratique la rotation des cultures. En 2006, j'ai malheureusement dû constater que mon maïs bio était contaminé par du maïs transgénique.

La culture du maïs OGM est classique en Espagne, je suis entouré de fermiers OGM. J'ai réalisé des tests, à mes frais, pour identifier la source de la contamination. J'ai testé les champs jusqu'à 500 mètres des miens et je n'ai rien pu identifier. Le pollen de maïs transgénique venait de plus loin. C'est la preuve que la coexistence entre une agriculture non OGM et une agriculture OGM est impossible. J'ai été contaminé et je ne sais pas par qui.

Les conséquences ont été terribles. Je n'ai pas pu vendre ma récolte dans la filière bio, j'ai perdu pas mal d'argent en finançant les tests et en fin de compte, j'ai perdu un bon client. Cela faisait plusieurs années que je produisais du maïs pour un éleveur de vaches bio. Il n'a pas pu utiliser mon maïs en 2006 mais depuis, il est passé à une autre alimentation pour son bétail. Je n'ai pas perdu qu'une seule récolte ! J'ai perdu sur toute la ligne. Mon principal client ne veut plus de mon maïs, il y a trop d'incertitudes quant à sa nature. En plus, cela change tout pour les rotations. Si je dois arrêter de faire du maïs, je perds une céréale pour les rotations. Il faut s'opposer aux OGM et laisser une chance aux agriculteurs bio de faire du bon boulot. »