Actualité - 1 mai, 2007
La prochaine édition du Guinness des records citera l'Indonésie comme le pays enregistrant le rythme de destruction de ses forêts le plus rapide au monde.
Travailleur indonésien assis au sommet d'un chargement de bois brut.
L'Indonésie détruit une étendue de forêts équivalente à 300
terrains de football par heure. Le pays a déjà perdu 72% de ses
forêts primaires ; la moitié restante est menacée par
l'exploitation à but commercial, les feux de forêts et le
déboisement pour la plantation de palmiers à huile.
« C'est une honte nationale pour l'Indonésie d'obtenir
cette distinction dans le livre des records » déclare Hapsoro,
chargé de campagne Forêts pour Greenpeace en Asie du Sud-Est.
Greenpeace appelle le gouvernement indonésien à arrêter la
destruction des forêts en imposant dans tout le pays un moratoire
sur les opérations d'exploitation à but commercial dans les forêts
primaires. Un tel moratoire est une première étape nécessaire pour
que le pays stoppe sa course à la déforestation et laisse du temps
aux forêts pour se régénérer.
Face à l'anarchie, la corruption et le pillage régnant dans le
secteur forestier, le gouvernement indonésien semble aujourd'hui
impuissant. La demande internationale de bois de construction, de
papier, ainsi que de matières premières comme l'huile de palme
accentue fortement à cette destruction.
« Seule l'Indonésie peut protéger ses forêts et les populations
qui en dépendent, mais les gouvernements des pays de l'Union
européenne ainsi que les gouvernements chinois, japonais et
nord-américains doivent aussi s'assurer que leurs pays n'importent
pas des importateurs de produits issus de la destruction
forestière. Autrement, ce malheureux record leur appartiendrait
tout autant » estime Ludovic Frère, chargé de campagne Forêts pour
Greenpeace France.
Les taux records de destruction forestière Indonésienne font du
pays non seulement le destructeur de forêts le plus rapide au monde
mais aussi le troisième plus gros émetteur de gaz à effet de serre
au monde juste derrière les Etats-Unis et la Chine. Plus de 25% des
émissions de gaz à effet de serre sont imputables à la
déforestation tropicale.
Ce « record » a été rendu public alors que les gouverneurs de
trois provinces indonésiennes ont récemment appelé la communauté
internationale à apporter des fonds pour empêcher la déforestation
et limiter les impacts du changement climatique. Réduire ou éviter
la déforestation est aussi l'une des solutions préconisées pour
limiter le changement climatique évoquée actuellement lors de la
troisième réunion du groupe de travail du GIEC.