OGM : la Flandre vote le décret coexistence

Actualité - 24 mars, 2009
Le parlement flamand a voté ce 25 mars le décret 'coexistence'. Ce dispositif légal a pour vocation de permettre au consommateur de choisir parmi des produits alimentaires conventionnels, bio ou encore fabriqués au départ d'OGM (organismes génétiquement modifiés). Malheureusement, les retombées de la décision du parlement flamand risquent bien d'être d'un tout autre ordre.

Des activistes de Greenpeace ont taillé, au cours de la nuit, un point d'interrogation long de 61 mètres dans un champ de maïs à Abbotsford, en Colombie-Britannique (Canada).

La coexistence est impossible

Pour garantir la liberté de choix des consommateurs, il faut commencer par éviter la contamination des cultures conventionnelles par les cultures transgéniques. Tant que les cultures OGM ne sont pas autorisées en Belgique, ce problème reste théorique. L'expérience dans les pays où les cultures OGM sont tolérées a par ailleurs prouvé que cette coexistence est impossible. Les agriculteurs qui optent pour la filière 'bio' ou 'conventionnelle' se retrouvent avec des coûts croissants pour éviter la contamination et démontrer que leurs produits n'ont pas été contaminés par une culture OGM proche.

Car, même en prenant toutes les précautions d'usage, il est impossible d'exclure une contamination génétique. Ouvrir la porte aux OGM, ce que fait ce décret 'coexistence', c'est placer la collectivité devant un fait accompli en l'obligeant d'accepter un taux d'OGM croissant dans tous les systèmes de production agricole. L'industrie des biotechnologies s'est toujours appuyée sur ce mécanisme pour imposer au consommateur les OGM qu'il refuse.

La Wallonie décourage les cultures transgéniques

La Wallonie n'est pas tombée dans le panneau. Pour permettre à l'agriculture traditionnelle et bio de subsister, elle a voté un décret 'coexistence' beaucoup plus protecteur que le décret flamand. A l'inverse du décret flamand, le décret wallon est bel et bien dissuasif pour les partisans des plantes génétiquement modifiées. En Flandre, on ne peut pas s'attendre à ce que les cultures OGM soient découragées.

Si de telles cultures devaient être autorisées, ce seraient les agriculteurs flamands des filières bio et conventionnelle qui verraient leurs récoltes menacées. En cas de la contamination génétique avérée, c'est à eux qu'il incomberait d'exiger des dédommagements auprès des producteurs d'OGM. Cette réparation se limiterait alors à la différence de prix entre une récolte bio ou conventionnelle et une récolte OGM. Le seul dommage envisagé et un dommage 'économique'. Or, ce que le décret flamand passe au bleu, c'est la disparition pure et simple du 'choix du consommateur'.

Un exemple frappant de contamination génétique

La France a autorisé un temps la culture de maïs transgénique. Si ce n'est plus le cas aujourd'hui, la récolte transgénique de 2007 a véritablement divisé les agriculteurs. En 2008, Greenpeace s'était rendue dans la campagne près d'Agen pour y rencontrer des agriculteurs bio dont les récoltes avaient été contaminées. Les abeilles avaient involontairement permis de détecter cette contamination, résultant de la pollinisation du maïs OGM. Au cœur des débats se trouvait alors la question des distances. Quelle distance légale prévoir entre un champ OGM et un champ bio ou conventionnel pour éviter la contamination? 15, 25 (distance préconisée par l'industrie OGM) ou 400 mètres? La réponse des agriculteurs est éloquente.