Le parlement européen adopte l'interdiction sur le bois illégal

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Actualité - 7 juillet, 2010
La session plénière du parlement européen a abouti, après un processus long et difficile, à l'adoption par une grande majorité de la législation qui interdit le commerce de bois illégal. Cette législation n'est pas uniquement une étape importante vers la réduction de la coupe illégale du bois. Elle peut également jouer un rôle clé dans la lutte contre le réchauffement planétaire et la pauvreté.

En tant que producteur et importateur de bois, l'Union européenne doit jouer un rôle clé dans la protection des forêts partout dans le monde.

La nouvelle législation n'instaure pas uniquement l'interdiction sur le marché de bois illégal, elle exige également de mettre sur pied un système de traçage et de vérification contraignant. Les contrevenants pourront être punis en fonction des dégâts environnementaux provoqués et des pertes économiques encourues. Malheureusement, aucun niveau minimum pour les sanctions n'a été défini. Une autre lacune importante de la législation est le fait que, ces cinq prochaines années, les imprimés ne seront pas concernés.

Le problème à l'échelon planétaire

Tous les ans, nous perdons 13 millions d'hectares des suites de la déforestation, une superficie qui est quatre fois plus grande que celle de la Belgique. Ceci menace directement la vie de quelques 70 millions de personnes vivant dans les forêts tropicales. En outre, 700 millions de personnes sont dépendantes des forêts pour leurs besoins quotidiens. La forêt joue par exemple un rôle important en matière de soins de santé. Enfin, la déforestation entraîne inévitablement des dégâts environnementaux : une faune et une flore exceptionnelles se trouvent menacées, des glissements de terrain se produisent ainsi que des inondations. La pluviosité est bouleversée. Les forêts sont plus vulnérables pour les incendies.

Le commerce de bois illégal et la déforestation dans son ensemble, contribuent également aux changements climatiques. Chaque arbre abattu diminue la capacité de notre planète d'absorber le CO2. La déforestation est ainsi responsable de plus de 17% des émissions de gaz à effet de serre et dans certains pays (comme au Brésil et en Indonésie), elle constitue la principale source d'émissions.

L'Union européenne et ses citoyens

Une étude récente du WWF et des Amis de la Terre Europe (FoE) indique que la population est elle aussi consciente du problème : 90% des personnes interrogées dans 14 pays européens soutiennent l'interdiction sur le commerce de bois illégal. Un pourcentage identique soutient des sanctions sévères pour les entreprises qui ne respectent pas les règles. Par ailleurs, trois personnes interrogées sur quatre mettent en doute l'origine légale du bois arrivant sur le marché européen.

L'UE a donc suffisamment de raisons pour s'atteler à une législation ambitieuse qui règle le commerce de produits originaires de l'exploitation illégale du bois. Malgré tout, le vote au sein du parlement européen est le résultat d'un long et laborieux processus, qui dure depuis plus de sept ans, et qui n'a pas suffisamment tenu compte de nombreuses enquêtes et études.

Cette législation constitue une étape importante pour arrêter le commerce de bois illégal. Pour que cet objectif puisse être atteint, il va falloir ces prochaines années travailler à la mise en place d'applications efficaces de la législation, avec des contrôles fonctionnant correctement et des sanctions appropriées. Dans ce sens, il est à regretter que les Etats membres se sont opposés à l'adaptation d'une Directive de crime environnemental pour y joindre le commerce de bois illégal à la liste des crimes contre l'environnement nécessitant des sanctions pénales au niveau européen.

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