"Bientôt un printemps brésilien !"

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Actualité - 11 avril, 2012
Originaire des Pays-Bas, Hilde Stroot est au Brésil pour y travailler à notre campagne “Forêts”. Nous lui avons demandé des précisions quant au projet de loi Zéro déforestation, un des projets pour lequels le Rainbow Warrior est en Amazonie.

mercredi 11 avril 2012

Hilde Stroot à bord du Rainbow Warrior

 

Greenpeace mène campagne pour une nouvelle législation. Quelles sont les spécificités de cette loi ?
C'est en réalité un texte de loi très simple qui interdit la déforestation au Brésil. Des exceptions sont prévues pour les peuples autochtones. Les cinq premières années, les petits paysans pourront aussi bénéficier d'exceptions en attendant que des alternatives se mettent en place pour leurs cultures sur brûlis.

Si cette loi est adoptée, elle remplacera le Code forestier aujourd'hui en vigueur sur certains points.  On peut dire qu'il s'agit de la réponse démocratique des Brésiliens face aux tentatives du lobby de l'agriculture et des grands propriétaires terriens d'affaiblir le Code forestier.

Est-ce que les Brésiliens sont réceptifs à cette “initiative citoyenne' ?
Ce n'est pas la première initiative citoyenne au Brésil. Il y en a déjà eu quelques unes. C'est un concept familier pour les Brésiliens. Notre sentiment, c'est que les Brésiliens sont réceptifs à ce concept. Beaucoup ne se sentent plus représentés par les politiciens qui sont soumis aux pressions intensives du lobby de l'agro-business. C'est précisément ce lobby qui tente de vider le Code forestier actuel de sa substance. Près de 80% des Brésiliens ne souhaitent pas cet affaiblissement.

Notre campagne a démarré il y a une bonne semaine et nous avons eu tout de suite des marques de soutien venant de différentes strates de la société brésillienne. En quelques jours, nous avons déjà engrangés 25.000 signatures en ligne.  Au total, nous devons en réunir 1,4 millions pour pouvoir introduire ce projet de loi. Le vrai défi est de récolter des signatures sur papier. C'est pourquoi le Rainbow Warrior s'arrête près de beaucoup de grandes villes.

Est-ce qu'en Amazonie, la population vous suit ? Et des politiciens locaux ?
Le soutien que nous recevons ici est incroyable. Toutes les associations locales et toutes les communautés veulent soutenir l'initiative. En réalité, cela fait des années que ces groupements se battent pour leurs forêts. Ils resentent cette loi comme un allié potentiel dans leur lutte.

L'initiative citoyenne est donc portée par diverses couches de la population. Tous s'y retrouvent, les peuples autochtones, les représentations des communautés locales et le milieu associatif. Ce sera très précieux pour récolter les signatures. Pour donner un exemple. À Santarem, où nous étions il y a quelques jours, nous avons rencontrés 55 responsables de communautés. Nous avons discuté de la BR 163 et de tous les problèmes que l'asphaltage de cette autoroute engendre dont des problèmes de coupes forestières illégales et des intrusions dans des zones protégées de la forêt.

Nous sommes aussi entrés en contact avec la Fédération des petits producteurs de l'état de Parà. Leur soutien est aussi acquis.

Nous avons tenu une assemblée flottante à bord du Rainbow Warrior pendant laquelle 300 représentants des communautés locales ont appelé à l'arrêt de la déforestation dans la réserve extractive de Verde Para Sempre.  Cette une zone où l'on déplore pas mal de dégradations plutôt radicales de la forêt suite à l''intrusion de bûcherons.  Pour toutes ces communautés, la présence de Greenpeace est précieuse. Greenpeace crée une plate-forme où s'exprimer, faire connaître ces problèmes au reste du monde. C'est aussi ce qui se passe avec le projet de loi.

Dans quelle mesure ce projet de loi est-il complémentaire à la loi existante ? 
Ce projet est appelé à remplacer la législation forestière actuelle et ce parce qu'il est plus récent. Cependant, toutes les facettes du Code forestier ne seront pas remplacées. Si par exemple, la loi proposée est adoptée, cela signifiera que l'amnestie accordée à ceux qui se sont rendus coupables de déforestation illégales se confirmera. La Zero Deforestion Law ne pourra rien y changer. Mais elle permettra cependant d'empêcher de nouvelles poches de déforestation. Les amendements actuellement sur la table du Code forestier prévoient par exemple qu'un paysan pourra déboiser 50% de ses terres en lieu et place des 20% actuels. Avec la  Zero Deforestion Law, ce ne sera plus le cas. On ne pourra plus déboiser.

Quel rôle peut-on jouer depuis la Belgique ?
Ce qui compte c'est que les Belges témoignent de leur soutien. Ils ne peuvent bien sûr pas signer eux-mêmes mais bien signifier qu'ils soutiennent eux aussi cette loi, qu'ils sont solidaires avec les Brésiliens.

Les Belges peuvent aussi chercher des Brésiliens parmi leurs connaissances et partager l'info. Il est crucial d'obtenir rapidement les 1,4 million de signatures nécessaires pour lancer le processus législatif. Un soutien international sera à ce moment essentiel. Les politiciens brésiliens devront se sentir observés par la planète entière !

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