La population trop peu protégée en cas de catastrophe nucléaire

Actualité - 5 avril, 2013
Greenpeace met officiellement les pouvoirs publics en demeure pour négligence envers la population dans le cadre de son devoir de protection en cas d’accident nucléaire grave.

La Belgique compte 21 réacteurs nucléaires sur son territoire et à proximité de ses frontières: 4 à Doel, 3 à Tihange, 1 à Mol, 1 à Borssele (NL), 6 à Gravelines (F), 2 à Chooz (F) et 4 à Cattenom (F). Aucun autre pays ne possède des centrales nucléaires implantées aussi près de grandes agglomérations urbaines. Dans un rayon de 30 km autour de Doel et de Tihange vivent respectivement 1,5 million et 840 000 citoyens. Le gouvernement, chargé par des conventions internationales et la législation nationale de protéger la population, faillit gravement à son devoir.

Plans obsolètes

Greenpeace s’est penché sur les plans d’urgence et d’intervention nucléaire fédéraux existants et constate qu’ils proposent, dans le meilleur des cas, une réponse aux conséquences d’un accident limité ayant un impact radiologique restreint sur l’environnement. Par contre, en cas de catastrophe nucléaire majeure, la zone d’habitation de plusieurs centaines de milliers de personnes risque de subir une contamination telle, qu’elle en deviendrait inhabitable. Les plans d’urgence nucléaire sont désespérément obsolètes et n’offrent aucune solution satisfaisante quant à l’évacuation, à l’accueil et au relogement nécessaires de ces familles.

Un délit de négligence

« Le gouvernement néglige de tirer les leçons des épisodes dramatiques à Fukushima. Il s’agit d’un délit de négligence. C’est pourquoi nous avons transmis officiellement par huissier une mise en demeure au chef du gouvernement », déclare Eloi Glorieux de Greenpeace Belgique.

Les zones officielles des plans d’urgence nucléaire, pour lesquelles des mesures d’évacuation sont préparées, se limitent à un territoire d’un rayon de seulement 10 km autour des centrales nucléaires. À Fukushima, c’est une zone dans un rayon de 20 km qu’il a fallu immédiatement vider de ses habitants, tandis que les personnes vivant jusqu’à 30 km ont été priées de quitter « volontairement » les lieux. Certains villages jusqu’à 50 km ont aussi dû être évacués. Les plans d’urgence belges ne tiennent absolument pas compte de cette réalité et abandonnent la population à son sort en cas d’accident nucléaire grave. Par exemple, le plan d’urgence provincial d’Anvers prévoit quatre centres d’accueil pour les personnes déplacées. Ces centres sont tous situés dans un rayon de 14 à 20 km de la centrale nucléaire de Doel et se trouveraient eux-mêmes, lors d’une catastrophe nucléaire, dans la zone contaminée.

Mesures nécessaires

« Il est aberrant que le gouvernement souhaite prolonger d’encore dix ans la durée de vie du réacteur Tihange 1 déjà usé et envisage de remettre en service des réacteurs dangereux avec des cuves comportant des milliers de microfissures, alors qu’il néglige de rédiger des plans d’urgence et d’intervention nucléaire efficaces », souligne Eloi Glorieux de Greenpeace Belgique.

On peut ici clairement parler d’une négligence grave de la part du gouvernement. Pour cette raison, Greenpeace Belgique met le gouvernement en demeure et le presse de prendre dans les meilleurs délais toutes les mesures nécessaires afin de protéger la population contre les conséquences d’un accident nucléaire majeur. Aussi longtemps qu’il n’y aura pas de plans catastrophe efficaces et éprouvés couvrant l’ensemble du territoire, il ne peut être décidé de relancer des réacteurs dangereux comme Doel 3 et Tihange 2, ni de maintenir Tihange 1 en activité pendant encore dix années.

La mise en demeure est disponible ici.