Le Clémenceau ne peut pas pénétrer dans les eaux territoriales indiennes!

Actualité - 1 février, 2006
La Cour Suprême indienne a décidé d’interdire provisoirement l’accès du porte-avions français, le Clémenceau, dans ses eaux territoriales et ce, jusqu’au 13 février. Auparavant, le gouvernement égyptien avait lui aussi, suite à des actions spectaculaires de Greenpeace, interdit au Clémenceau d’emprunter le canal de Suez.

Greenpeace a débarqué par voie aéroportée sur le porte avion Clemenceau dans la rade de Toulon, ce matin vers 11h. Trois activistes sur le bateau et quatre sur une grue de déchargement ont déployé des banderoles signalant : « Porte amiante, ni ici ni ailleurs ! »

Depuis que les médias en France et en Inde se sont emparés de l'affaire, le Clémenceau est devenu un véritable problème pour l'Etat français. L'exportation de ce vieux navire de guerre vers les plages de démantèlement d'Alang, en Inde, est devenue une affaire d'Etat, un scandale à l'échelle internationale.

Ce cas constitue une violation des législations internationales et européennes en matière d'exportation de déchets dangereux et de la législation française en matière d'utilisation de l'amiante. Greenpeace ne condamne toutefois pas uniquement le caractère illégal de l'exportation. Nous condamnons aussi le comportement des pays riches qui n'hésitent pas à se débarrasser, dans les pays moins nantis, de leurs matériaux toxiques dont la toxicité n'est plus à démontrer.  D'autant plus que ces matériaux seront ensuite manipulés par des travailleurs fragiles car insuffisamment protégés.

En effet, sur les plages d'Alang, les ouvriers démantèlent souvent les bateaux à mains nues, sans aucune protection. Sans oublier que d'énormes quantités de substances toxiques sont déversées dans l'environnement

Le mois passé, Greenpeace a mené des actions spectaculaires contre le Clémenceau lorsqu'il mouillait dans le port français de Toulon : des militants ont escaladé le pont du navire tandis qu'un parapente a tenté de se poser à son bord. Quelques jours plus tard, nous avons à nouveau intercepté le navire, cette fois devant les côtes égyptiennes.

Grâce à nos actions, les autorités égyptiennes ont interdit au Clémence au l'accès du Canal de Suez, et ont exigé des garanties prouvant que le bateau satisfait aux normes en matière d'exportation de déchets (dangereux). Les autorités françaises ont rétorqué que ce navire ne constitue pas un déchet. Cette déclaration contredit toutefois les conclusions d'une entreprise mandatée par l'Etat français d'analyser le navire : à son bord se trouvent encore au moins 500 kilos d'amiante! Le Clémenceau a néanmoins pu poursuivre son chemin vers l'Inde, mêmes'il ne pourra par rentrer dans les eaux territoriales indiennes avant le 13 février. Ce jour-là, la Cour Suprême indienne devra se prononcer sur l'affaire. Pour cela, elle a entendu les diverses parties impliquées dans l'affaire, dont Martin Besieux, responsable de la campagne toxique pour Greenpeace Belgique.