Les grandes enseignes doivent cesser de se calfeutrer dans le tout-venant toxique

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Actualité - 4 décembre, 2012
Il y a de fortes chances que le monde de la chimie ne vous soit pas familier. Aussi, vous n'avez sans doute jamais entendu parler de produits chimiques perfluorés ou d'anilines halogénées. Lorsqu'elles aboutissent dans l'eau ou sur terre, ces substances sont toxiques. Certaines peuvent se révéler cancérigènes ou problématiques pour le système reproductif des mamifères.

Si vous ne les connaissez pas, cela ne signifie pas pour autant que vous n'avez jamais été en contact avec elles. Elles peuvent entrer dans le processus de fabrication des vêtements que vous portez.


Mode toxique à notre insu

Ces deux substances ont été identifiées dans des échantillons d'eau récoltés dans la province chinoise de Zhejiang où l'industrie textile à ses quartiers... Beaucoup de grandes marques de prêt-à-porter comme Levi's, Calvin Klein et GAP se fournissent dans cette région... Un nouveau rapport de Greenpeace intitulé "Toxic Threads: Putting Pollution on Parade” met cette pollution en évidence.

La Chine est indéniablement un fleuron de l'industrie textile. Elle n'alimente pas uniquement son marché national, elle est également présente sur les marchés internationaux. Et, malgré tout, peu d'informations circulent quant à la toxicité des substances qui entrent dans la fabrication de nos T-Shirt ou de nos pantalons et qui finissent dans l'environnement.

Dans la province de Zhejiang, les eaux usées de l'industrie textile sont traitées via un système d'épuration des eaux. C'est efficace pour certains types de pollution mais les produits chimiques perfluorés et les anilines halogénées passent littéralement par les mailles du filet et finissent dans l'environnement. En réalité, la pollution des eaux est plus que conséquente en Chine. On estime qu'elle frappe 70% des lacs, rivières et cours d'eau chinois. Les échantillons d'eau chargés de substances toxiques ont été récoltés à proximité des zones de déversement d'une usine d'épuration utilisée par l'industrie textile. C'est comme ça que nous avons pu démontrer que ces substances ne sont pas épurées, bien au contraire...


Comment trouver les coupables ?

Ces stations d'épuration traitent l'ensemble des eaux usées du secteur. Il est donc impossible de savoir quelle substance renvoie à quel fabricant. Chacun se fond dans la masse. Rien de plus simple pour les fournisseurs de ces enseignes de faire semblant de rien. Nous n'acceptons pas ce petit jeu.

Nos vêtements ne doivent pas contenir des substances toxiques susceptibles d'aboutir dans l'environnement soit lors de leur fabrication ou plus tard lorsque nous les passons à la machine. C'est d'autant moins une fatalité que des alternatives existent. La première chose à obtenir, c'est la transparence. Aujourd'hui, les informations quant à la toxicité des textiles manquent cruellement.

Récemment, Zara, un des leaders du secteur a annoncé son intention de mettre toutes les substances toxiques intervenant dans la fabrication de ses lignes de vêtement hors jeu. Et ce, d'ici 2020. Cette marque s'est, par ailleurs, engagée à fournir des informations liées à l'utilisation de substances toxiques chez une centaine de ses fournisseurs du Sud. Superbe avancée! Cet effort de transparence est un moyen idéal pour éviter qu'à l'avenir les rivières publiques soit toujours transformées en égouts privés. Le tout au bénéfice de l'industrie et au détriment des populations...

Cela fait trop longtemps que les grandes enseignes rechignent à établir un lien entre leurs produits et la pollution des cours d'eau. Il est flagrant de constater que des marques qui existent déjà depuis pas mal de temps – et qui vendent partout dans le monde – ont fait plus d'efforts pour pour soigner leur image que de mettre un terme à leur impact sur l'environnement.

 

Temps de changer la donne

Partout dans le monde, consommateurs engagés ou passionnés de mode soutiennent l'idée que nos vêtements ne doivent pas polluer. Tous souhaitent que les enseignes changent la donne.

Si ces enseignes entendent garder leurs clients, elles devront faire leurs preuves et ne pas se limiter à quelques promesses. Elles vont devoir remonter leurs manches et aborder le problème en public, divulguer quelles substances chimiques sont utilisées et à quel endroit de la chaîne de production, elles sont libérées dans l'environnement. Elles doivent en clair prendre les devants et créer une mode non toxique.


Il est temps d'agir

Notre nouvelle vidéo révèle ce qui se cache derrière les vêtements que nous achetons. Aidez-nous à la diffuser sans modération.


Les ténors de la mode sont super réceptifs à ce qui se poste sur les réseaux sociaux ou se qui se dit dans les médias. Partagez cette vidéo et vous leur mettrez un peu plus la pression. C'est nécessaire pour éviter à l'avenir la pollution des eaux.

Nous avons récemment montré au secteur du prêt-à-porter qu'ensemble nous pouvons beaucoup... Malheureusement, dans les rivières les déversements se poursuivent. Après Zara, d'autres enseignes doivent reconnaître la situation et tout mettre en œuvre pour éviter à l'avenir le rejet de substances toxiques dans les rivières et cours d'eau.

Patricia Piccolo dit:

Il est temps de se réveiller sur notre consommation qui peux s'avérer nuisible pour nous tous

Posté 3 janvier, 2013 à 18:57 Signaler un abus Répondre

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