Reconnaissance internationale pour la cheville ouvrière de Greenpeace Kinshaha

Poster un commentaire
Actualité - 12 octobre, 2009
René Ngongo a reçu le Right Livelihood Award 2009- communément appelé le «Prix Nobel alternatif »- pour son travail en faveur de la protection des forêts et de la justice sociale en République démocratique du Congo (RDC). La récompense lui sera remise en Suède, le 2 décembre prochain, soit à quelques jours des négociations sur le climat de Copenhague. Une manière élégante de rappeler le travail fait dans l'ombre et le rôle que les forêts peuvent jouer dans la lutte contre le réchauffement planétaire.

Rene Ngongo à Bruxelles.

René Ngongo  a travaillé en étroite collaboration avec Greenpeace pour sauver les forêts du Congo (la deuxième plus grande forêt tropicale de la planète, après l'Amazonie) depuis 2004, d'abord en sa qualité de dirigeant de l'organisation OCEAN, puis comme conseiller politique pour Greenpeace Afrique. René Ngongo a rejoint Greenpeace en novembre dernier pour l'ouverture de son bureau à Kinshaha.

René Ngongo a grandi au Congo, à proximité du Parc national des Virunga - un espace unique où vit une biodiversité incroyable, inscrit sur la liste de l'UNESCO du patrimoine mondial en péril. C'est là qu'il a commencé à rêver de devenir écologiste. Il a étudié la biologie à l'Université de Kisangani où il a ensuite travaillé pendant plusieurs années. Il a également fondé l'ONG congolaise très respectée "OCEAN" (Organisation concertée des écologistes et amis de la nature), qui a souvent servi de médiateur entre les communautés forestières et les principaux acteurs impliqués dans les forêts. OCEAN est vite devenue essentielle pour les activités éducatives sur la déforestation et le reboisement, ainsi que pour la sensibilisation générale à l'environnement en RDC.

Entre 1994 et 2002, René a élaboré des outils pédagogiques visant à lutter contre la pression exercée sur les forêts par l'agriculture sur brûlis. Il a créé des champs expérimentaux à Kisangani pour montrer que d'autres techniques de culture étaient possibles et pour fournir de meilleures options de revenu aux agriculteurs locaux. René a organisé des plantation de semis (20.000 plants), des espèce les plus exploitées dans la Province Orientale. Cette plantation a fourni des arbres qui ont servi à plusieurs manifestations "ville verte". Au cours de ces évènements, la plantation d'arbres a eu lieu dans des parcs abandonnés, des avenues et dans des écoles.

Au cours de la guerre civile au Congo de 1994 à 2002, René n'a pas arrêté ses efforts. Il aurait pu quitter le pays, grâce à son réseau d'amis en dehors du Congo. Au lieu de cela, il choisit de rester. Il a surveillé l'utilisation des ressources naturelles par les différentes milices. Lors d'une de ses manifestations "ville verte" à la périphérie de Kisangani, la guerre entre les troupes ougandaises et rwandaises a commencé. René et ses invités ont littéralement dû se couvrir lorsque les échanges d'artillerie ont commencé dans le quartier où ils se trouvaient.

Combattre l'exploitation destructive des forêts

Aujourd'hui que la RDC est revenue à une paix relative, les forêts intactes du pays sont plus que jamais menacées par des projets industriels de grande envergure comme l'exploitation des essences de bois. En dépit d'une «réforme» lancée il y a sept ans parrainée par la Banque mondiale et d'un moratoire sur les nouvelles concessions d'exploitation forestière, des entreprises continuent d' exploiter la forêt en toute impunité.

Mal - voire pas - payés et non équipés, les agents de contrôle locaux sont incapables de contrôler les massifs anciens qui sont coupés et expédiés vers l'Europe et autres marchés internationaux. Mais des gens comme René poursuivent la lutte contre la destruction écologique et l'injustice sociale. Selon lui, "Nos forêts sont nos moyens d'existence. Elles ne peuvent pas être réduites à un produit d'exportation à bas prix. Pour des millions de personnes, les forêts sont le supermarché, la pharmacie, et la base de la santé spirituelle et physique."

Les forêts sont également vitales pour notre climat mondial. Environ 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de la déforestation. En janvier 2009, le gouvernement a conclu une revue légale de 156 titres d'exploitation industrielle du bois, dont 91 ont éte jugés illégaux. En dépit de ces conclusions, certaines entreprises invalidées continuent l'exploitation forestière. René insiste: "Nous avons une alternative. Nous n'avons pas besoin de vendre nos forêts pour de maigres bénéfices à court terme. Nous savons aujourd'hui que nos forêts ont plus de valeur debout que coupées, c'est pourquoi nous avons besoin d'un accord solide et de soutiens forts pour un mécanisme financier mondial visant à réduire les émissions et à mettre fin à la déforestation".

Prix Nobel Alternatif

Le Right Livelihood Award est connu comme le Prix Nobel alternatif. Il honore ceux qui offrent des réponses pratiques et exemplaires aux défis les plus urgents auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui. Quatre gagnants sont annoncés chaque année et reçoivent le prix début décembre. Nous sommes très heureux que René Ngongo soit l'un d'entre eux. Son combat pour les forêts de RDC est aussi un combat pour le climat, mené au quotidien. La déforestation est responsable de 20% de nos émissions annuelles de gaz à effet de serre. Le combat de René Ngongo est un combat capital pour la RDC et les millions d'habitants qui dépendent des forêts pour leur vie quotidienne mais aussi, pour nous tous.

Maintenir les forêts en RDC, c'est lutter pour le maintien de la biodiversité et contribuer efficacement à la lutte contre les changements climatiques.

Aucun commentaire Ajouter un commentaire

Poster un commentaire 

Pour poster un commentaire, vous devez être inscrit(e).