Sorry! Ici c'est le nucléaire qui fait la loi

Actualité - 2 octobre, 2009
Greenpeace ne cache pas son inquiétude face à la proposition du ministre de l'Energie, Paul Magnette de prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires. Cette logique dictée par le lobby nucléaire ne peut que se révéler désastreuse pour l'environnement, le consommateur et l'économie.

Sorry, ici c'est le nucleaire qui fait la loi.

En acceptant de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires de 10 ans, le gouvernement fédéral enterre l'avenir des énergies propres et renouvelables. Ces énergies ont besoin d'investissements et de la certitude de pouvoir se développer dans un système énergétique décentralisé et diversifié, incompatible avec le nucléaire.

Le bois de rallonge octroyé à cette énergie polluante compromet l'avenir d'énergies qui se révèlent pourvoyeuses d'emplois. Le marchandage auquel nous assistons aujourd'hui tourne autour de l'approvisionnement. Or, il est aujourd'hui possible de garantir à la Belgique un approvisionnement en électricité renouvelable stable.

Elia, le gestionnaire et la Creg (Commission du gaz et de l'électricité) ont répertorié les projets en cours. Il ressort de cet inventaire qu'une capacité de remplacement suffisante peut être mise en place pour fermer les trois plus anciens réacteurs, à savoir Doel 1, Doel 2 et Tihange 1, en conformité avec la loi sur la sortie du nucléaire. Ce qui manque aujourd'hui, c'est la volonté politique de créer les conditions pour que ces projets puissent se réaliser.

Le gouvernement fédéral est prêt à sacrifier l'avenir énergétique de la Belgique sur l'autel de la crise budgétaire.

La récupération de la rente nucléaire se justifie par l'amortissement anticipé des centrales nucléaires dont a bénéficié Electrabel. Il est normal de la récupérer sans prolongation. Greenpeace a récemment préparé une proposition de loi en ce sens. Cette rente doit servir à financer l'essor des énergies renouvelables et développer l'efficacité énergétique pour nous permettre de faire face à la crise climatique sans compromettre notre avenir avec des déchets hautement radioactifs ingérables.

Les centrales dont on envisage maintenant pour la seconde fois de prolonger la durée ont été construites pour fonctionner 30 ans. Personne n'a l'expérience de centrales de ce type fonctionnant 50 ans. S'il décide de prolonger la durée de vie des centrales, le gouvernement fédéral nous entraîne dans un inconnu technologique.

Herman Van Rompuy devra décider de confirmer ou non la voie désastreuse que lui propose aujourd'hui son ministre de l'Energie. S'il le fait, il se sera laissé dicter la loi par le nucléaire.