Dans le camp Peaceland, des militants sur une plate-forme construite dans les arbres protestent contre l'intention des USA d'installer un radar militaire.
Les militants ont monté un camp, sous le slogan 'Brdy without
radar'. Ils y ont tendu une grande banderole de 225 m2 et ont
construit différentes plates-formes dans les arbres, occupées en
permanence par des grimpeurs. Durant l'occupation, différentes
activités ont été organisées, dont du théâtre, des danses et un
concert, et ce malgré le fait que la police patrouillait en
permanence dans les environs et essayait d'empêcher les gens de
pénétrer sur le site.
Le camp était occupé par des militants originaires de différents
pays - Autriche, Slovaquie, Allemagne, Tchéquie, Etats-Unis - et
deux bénévoles belges, qui ont assuré la permanence sur les
plates-formes dans les arbres.
Greenpeace a organisé cette action pour démontrer que la
construction de l'installation militaire n'était pas souhaitable. «
Une telle installation aurait pour effet de nous éloigner des
accords internationaux durables, de déstabiliser les rapports
politiques dans la région et d'augmenter le risque- réel- de
reprise de la course aux armements nucléaires », a expliqué Jiri
Tutter, directeur général de Greenpeace Tchéquie.
Le bouclier anti-missiles, dénommé officiellement 'National
Missile Defence system' (NMD) ou, en abrégé 'missile defence',
provoque - à nouveau - de l'inquiétude et des relations tendues
entre les deux grandes puissances, la Russie et les Etats-Unis.
Avec une dizaine de missiles anti-aériens en Pologne, cette
installation radar ferait partie du bouclier anti-missiles qui
devrait protéger les Etats-Unis et une grande partie de l'Europe
contre les attaques de missiles éventuelles de pays comme
l'Iran.
Greenpeace n'est pas seule à s'opposer à cette installation
militaire : un récent sondage d'opinion révèle que 70% des Tchèques
y sont opposés. Des protestations émanent d'autres niveaux de la
société tchèque également. Deux militants pour la paix ont entamé
le 13 mai 2008 une grève de la faim contre le projet de
construction du radar. Ils ont été soutenus par le professeur et
militant politique américain Noam Chomsky qui s'est fermement
déclaré (une fois de plus) contre l'installation d'un 'missile
defence system' en Europe de l'Est, qu'il décrit comme une
"quasi-déclaration de guerre". Bart Staes, parlementaire européen
(Groen!), a également exprimé son soutien à l'action des grévistes
de la faim.
Au début de la sixième semaine d'occupation, Greenpeace a
renforcé sa campagne en faisant de la zone un Etat indépendant,
baptisé 'Peaceland', possédant son propre drapeau, son hymne
national, sa déclaration d'indépendance et ses frontières. Un site
web, www.peaceland.cz, a également été créé, avec
toutes les informations relatives au nouvel Etat et offrant - en
guise de soutien symbolique - la possibilité d'en devenir citoyen.
Très vite après sa création, Philip Coyle, expert renommé en
matière de 'missile defence', qui fut l'un des patrons de la
défense sous Bill Clinton, est devenu citoyen d'honneur de
Peaceland.
Le lundi 9 juin dernier, dans l'après-midi, une dizaine de
véhicules avec des militaires masqués ont brutalement cerné le
terrain et arrêté systématiquement tous les citoyens de 'Peaceland'
présents au moment des faits. Même les grimpeurs ont été évacués
des arbres. Tous les médias ont été repoussés lors de cette
intervention musclée. Les militants ont été libérés le jour-même,
mais tout leur matériel a été confisqué.
La campagne et les actions relatives à l'installation radar à
Brdy ne constituent pas un événement isolé. Dans le passé,
Greenpeace a systématiquement protesté, sous le slogan 'Stop Star
Wars', contre le projet des Etats-Unis de construire et mettre en
œuvre un bouclier anti-missiles.