Pégase ? Un exercice d’opérette

Actualité - 20 novembre, 2012
Les craintes de Greenpeace se sont confirmées. L’exercice de simulation organisé à Tihange a démontré à quel point les autorités peinent à coordonner leurs efforts. Même lorsqu’il s’agit de suivre un scénario soigneusement ‘préparé’, ça dérape !

Greenpeace réitère son exigence de transparence en matière de plans d’évacuation organisés en cas de catastrophe nucléaire. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce 20 novembre, en matinée, la fiction a dépassé la réalité.

Dans ce scénario, « qui fait quoi » n’a pas été précisé. Impossible de savoir quel rôle a joué tel figurant puisque la consultation préalable des plans n’était pas autorisée. Il n’en reste pas moins vrai que l’exercice a bel et bien été interrompu sur base d’une prétendue action de Greenpeace.

Nous sommes bien placés pour le démentir. Il n’y avait ce 20 novembre aucun activiste de Greenpeace à Tihange. Malgré cela, le porte-parole du centre de crise (SPF intérieur) a annoncé aux journalistes présents qu’une action de Greenpeace était en cours… L’info a par la suite été relayée par les médias. Ce démenti a par ailleurs été confirmé plus tard dans la journée par Jaak Raes, le directeur du centre de crise...

En réalité, nous n’avions envoyé à Tihange que quatre observateurs qui n’avaient d’autres intentions que de suivre l’exercice depuis l’espace public. Aucun d’eux n’a pris l’initiative de pénétrer sur le site.

Parallèlement, Greenpeace constate qu’Electrabel, l’opérateur nucléaire, a envoyé plusieurs messages via les réseaux sociaux. Dans un premier temps, on a ainsi pu lire que Greenpeace avait « fait intrusion » dans la centrale. Dans un second temps, on a pu lire que Pégase 2012 avait été interrompu sur base « d’informations de la police ». Alors qui a joué les guignols de l’info ? Voilà bien une question que l’on est en droit de se poser…

Greenpeace ne peut que s’inquiéter face à cette confusion. Une simulation d’évacuation préparée de longue date ne peut-elle pas être menée à sa fin ? Ce type d’exercice vise à garantir la sécurité de la population en cas de véritable catastrophe nucléaire. Savoir que dans ce cadre, on n’est pas capable de distinguer la fiction de la réalité, n’a rien de rassurant.

Une chose est sûre : Greenpeace n’a mené aucune action aujourd’hui à Tihange. Elle se demande par contre pourquoi l’exercice a été interrompu et pourquoi Pégase 2012 n’a pas pris son envol avec plus de transparence.