Amnistie pour les Arctic 30

Rappel des faits

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Actualité - 18 décembre, 2013
Nos "30 de l'Arctique" ont été arrêtés en septembre dernier à la suite d'une action pacifique contre Gazprom. Tous ont à présent été libérés sous caution. Rappel des faits.

Mise à jour 17 décembre: Les Arctic 30 vont bénéficier d'une amnistie de la Russie. Après deux longs mois passés en prison pour de graves accusations, les voilà soulagés. Le coeur n'est toutefois pas à la fête car, comme ils le disent eux-mêmes, "l'Arctique, elle, n'a reçu aucune amnistie".

"J'ai vécu deux mois dans une prison russe pour un crime que je n'ai pas commis et les accusations dont je faisais l'objet étaient complètement absurdes. Tout ça parce que je voulais protéger l'Arctique et éviter qu'elle soit détruite suite aux dangereux plans de forage pétrolier de Gazprom et d'autres compagnies pétrolières. Bien sûr, je suis soulagée mais devrais-je faire la fête pour autant ? Non, je ne le crois pas", commente la militante brésilienne Ana Paula Maciel.

Pour les Arctic 30, l'acceptation de cette amnistie signifie, en principe, la fin des poursuites judiciaires. Reste à déterminer quand nos collègues et amis pourront quitter la Russie car ceux-ci ne sont pas encore en possession de bons visas. Quant au sort de l'Arctic Sunrise, actuellement bloqué à Mourmansk, il demeure incertain, même si le tribunal international du droit de la mer a ordonné qu'il soit relâché.

Mise à jour 13 decembre: Greenpeace avait demandé au comité d'enquête russe l'octroi de visas de sortie pour tous les Arctic 30 qui ne sont pas de nationalité russe. Après avoir été libérés sous caution, les 26 étrangers des Arctic 30 ont récupéré leur passeport. Mais pour quitter la Russie, ils ont besoin d'un visa valide. Dans une lettre adressée à Anne Mie Jensen, membre des Arctic 30, le comité d'enquête russe a fait savoir qu'elle ne recevrait pas de visa de sortie. Anne Mie ne pourra donc pas vivre les fêtes de fin d'année en famille et Greenpeace estime que cette mesure s'applique également aux autres membres non-russes des Arctic 30. Par ce refus, la Fédération russe va à l'encontre de la décision prise par le tribunal international du droit de la mer. Le 22 novembre dernier, 21 magistrats avaient ordonné la libération immédiate de l'Arctic Sunrise et des Arctic 30. 

Mise à jour 28 novembre: les “30 de l’Arctique” sont, enfin, tous libérés sous caution. Aussi l'Australien Colin Russell donc. Une bonne nouvelle, car rien ne motivait la détention de ce membre d’équipage de l’Arctic Sunrise. C’est d’ailleurs aussi ce qu'a estimé le Tribunal International du Droit de la Mer la semaine dernière. Mais de lourdes charges de hooliganisme continuent à peser sur les "30 de l’Arctique". Ils risquent une peine de prison de plusieurs années.

Mise à jour 22 novembre:  alors que l’Australien Colin Russell a vu sa détention prolongée jusqu’au 24 février 2014, la Cour de St Pétersbourg a accepté la libération sous caution des 29 autres militants. Certains sont déjà sortis de prison.

Pour Colin et les autres, nous ne perdons pas de vue que les charges n’ont toujours pas été levées. Ils risquent toujours d’être injustement condamnés pour des crimes qu’ils n’ont pas commis : le hooliganisme et la piraterie.

Mise à jour 20 novembre: La Brésilienne Ana Paula est la première des Arctic 30 à avoir été libérée sous caution. Une bonne nouvelle mais les accusations ne sont pas abandonnées. Elle pourrait donc encore retourner en prison pour piraterie et hooliganisme. Nous continuons à faire tout ce que nous pouvons pour obtenir sa liberté ainsi que celle de tous les Arctic 30.



Mise à jour 15 novembre :
le comité d’enquête russe va demander de prolonger de trois mois le maintien en détention des "30 de l’Arctique". Il défendra sa requête devant le juge la semaine prochaine. Ceci ne concerne pour l’heure que six membres de l’équipage mais cette situation pourrait évoluer rapidement. Si le juge rejette la requête, les 30 seront relâchés.

Mise à jour 12 novembre : les "30 de l’Arctique" sont transférés à Saint-Pétersbourg et écroués dans divers centres de détention. Les femmes sont séparées des hommes.

Mise à jour 6 novembre : les Pays-Bas plaident la cause de Greenpeace devant le Tribunal international du droit de la mer. Le verdict est attendu le 22 novembre.

Mise à jour 30 octobre : le Parlement européen se montre solidaire avec les "30 de l’Arctique" et appelle le Conseil et la Commission à prendre des mesures pour garantir la libération des détenus. La procédure d'arbitrage lancée par les Pays-Bas pour faire appliquer la Convention des Nations unies sur le droit de la mer a été saluée.

Mise à jour 25 octobre : après avoir été inculpés de piraterie, les "30 de l’Arctique" sont poursuivis aussi pour hooliganisme, une accusation passible de 7 ans de prison en Russie.  Les audiences en appel pour la libération sous caution des « 30 de l’Arctique » sont terminées. Tous les appels ont été rejetés :  les 30 sont maintenus en détention préventive.

Mise à jour 5 octobre : 400 personnes se rassemblent Place de la Liberté à Bruxelles pour témoigner de leur solidarité à l’égard des 28 militants de Greenpeace International et des deux journalistes indépendants détenus en Russie. De tels événements sont hébergés par plus de 140 villes et 47 pays dans le monde.

Arctic 30 support Rally Brussels

Mise à jour 4 octobre : les Pays-Bas ont entamé une procédure d'arbitrage pour obtenir la restitution de l'Arctic Sunrise et la libération des "30 de l'Arctique".

Mise à jour 3 octobre : tout l'équipage de l'Arctic Sunrise (28 activistes et 2 journalistes) est officiellement inculpé de piraterie. En Russie, une telle inculpation peut entraîner une peine de prison maximale de 15 ans. Greenpeace va en appel de cette décision.

Mise à jour 2 octobre :
quelques activistes des "30 de l'Arctique" ont été inculpés pour piraterie ce matin. En Russie, telle inculpation peut entraîner une peine de prison maximale de 15 ans.




Mise à jour 30 septembre
: huit autres militants de Greenpeace international ont appris ce dimanche qu’ils resteraient en détention pendant deux mois en Russie, en attendant le verdict d’une enquête pour piraterie. Ces huit activistes rejoignent donc 22 autres personnes, dont un caméraman et un photographe pigiste indépendant, tous auditionnés deux jours plus tôt. Greenpeace International s’est engagé à faire appel de cette décision, pour libérer au plus vite l’ensemble de l’équipage de l’Arctic Sunrise.




Mise à jour 29 septembre: la chargée de campagne Faiza Oulahsen a écrit une lettre, depuis sa cellule, à ses collègues néerlandais. Extraits choisis :

 « J'ai été l'une des premières personnes à passer ce que je pensais être un interrogatoire. Je me suis assise sur une chaise, à l'intérieur d'une chambre froide, face à une dame qui était occupée à taper. A côté de moi, il y avait un traducteur, une jeune femme, qui avait visiblement étudié l’Anglais. Elle m'a dit qu'un rapport écrit de l’incident devait être réalisé. J'ai demandé un traducteur néerlandais, on m'a dit que ce n'était pas possible. »

 « Le jeudi 26 septembre fut une journée très lourde. Nous avons de nouveau été transportés en bus, mais cette fois enfermés comme des animaux dans une cage de métal sombre, qui ne pourrait contenir qu’une seule personne. Et nous avons été emmenés comme ça jusqu’au bureau du FSB (Federal Security Service). Nous avons ensuite été enfermés dans des cages avec fenêtre, en attendant l’audience. Très inhumain. »

« Après que certains d’entre nous aient été auditionnés, nous avons été informés que nous étions en état d'arrestation et que nous serions détenus pendant deux mois, en attendant les résultats de l’enquête. Alex a fondu en larmes. Quant à moi, j'ai commencé à perdre mon calme, que j'avais conservé lors des deux journées précédentes, lentement mais sûrement. Rester deux mois dans une cellule est une chose, mais après? Que se passera-t-il? Une peine de quelques mois ou de quelques années pour une affaire basée sur des mensonges ? »

« Tout est complètement à l'encontre des règles. Ce que le FSB nous reproche est bourré de toutes ces inexactitudes et autres choses dont ils se sont eux-mêmes rendus coupables. Rien n'est certain. Il suffit que quelqu’un de haut placé ait une conviction pour qu’on disparaisse en cellule. Martin, le consul, m’a dit que je devais rester calme parce que les Hollandais entretiennent une bonne communication avec les Russes. Une bonne communication ? Mais à quel sujet ? Sur le fait que les Russes ont illégalement pénétré en territoire néerlandais et nous ont poussés dans les eaux internationales pour nous arrêter violemment? Le gouvernement néerlandais exige-t-il notre libération ? Immédiatement ? Les Russes ne sont pas autorisés à nous arrêter et pourtant, ils le font. Ils font exactement ce qu'ils veulent. »

« Je ne sais pas du tout comment ça va se terminer, ni combien de temps ça va durer. L'incertitude me rend folle. J'ai entendu dire que Poutine a publiquement déclaré que nous n’étions pas des pirates. Nous sommes pourtant toujours en prison. »




Mise à jour du 27 septembre : Greenpeace Belgique a organisé un rassemblement solidaire devant l’ambassade de Russie à Bruxelles, pour demander la libération des 28 militants, du caméraman et du photographe. La liste des personnes détenues en Russie est ici.



Mise à jour du 26 septembre
: les militants de Greenpeace détenus a Mourmansk ont été auditionnés un par un par un tribunal russe.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, 15 de nos membres ont été placés en détention pour une durée de 2 mois en attendant les conclusions de l’enquête pour piraterie, et 8 des militants seront entendus dans 3 jours.

 

Le tribunal de Mourmansk a mollement justifié ces détentions : possible poursuite des activités criminelles, possible destruction de preuves et possible fuite du pays. Beaucoup de suppositions. Peu de certitudes. Ceci semble justifier 2 mois de prison pour les autorités judiciaires russes.

Mise à jour 25 septembre : dans la nuit du 24 au 25 septembre, les militants de l’Arctic Sunrise ont été placés en détention préventive dans différents centres de rétention du comité d’investigation russe.

Cinq d’entre eux ont été soumis à un interrogatoire en présence d’un représentant légal, mais nous ne connaissons toujours pas les charges qui sont retenues contre eux et le reste de l’équipage.

Vladimir Poutine s’est exprimé sur la situation lors du Forum International sur l’Arctique en affirmant que « les activistes de Greenpeace n’étaient pas des pirates mais ont enfreint le droit international », en plus d’avoir mis l’environnement en danger (!)

Kumi Naidoo, directeur général de Greenpeace International, accueille favorablement la déclaration de Poutine concernant les accusations de piraterie mais reste ferme quant à la nature de l’action des militants de Greenpeace. Leur dessein était et a toujours été de manifester de manière pacifique contre les forages de Gazprom en Arctique.

Rappelons que la plateforme Prirazlomnaya de Gazprom est la première à  effectuer des forages en Arctique dans un but commercial, profitant ainsi de la fonte des glaces pour alimenter des activités économiques contribuant elles-mêmes au réchauffement climatique et à la fonte des glaces.

La réaction démesurée des autorités russes ne doit pas faire perdre de vue la nature profonde de nos actions : protection de l’environnement et pacifisme.

(video)

Les activistes de Greenpeace sont en gilet rouge dans les zodiacs Greenpeace, et les hommes en gilet orange dans les bateaux noirs sont les forces spéciales russes. Vous pouvez voir les garde-côtes tirer Sini, une des grimpeuses, vers le bas. Alors qu’elle leur crie qu’elle va descendre, on peut entendre neuf tirs de semonces tirés par les garde-côtes.

Mise à jour 24 septembre : sans nouvelle de l’équipage depuis l’abordage de l’Arctic Sunrise par les autorités russes, nous apprenons ce matin que le navire a été remorqué jusqu’au port de Mourmansk, en Russie, où il est arrivé à 10h, heure locale.

D’après l’AFP, les membres de l’équipage pourraient être poursuivis pour piraterie en groupe organisé et ce, indépendamment de leur nationalité.

Les avocats de Greenpeace International demandent un contact immédiat avec les membres de l’équipage de l’Arctic Sunrise.

Il est clair que nous rejetons les allégations des autorités russes, qui déclarent avoir ouvert une information judiciaire à l’encontre des membres de Greenpeace. Cependant, cela ne confirme pas que l’équipage sera inculpé pour de supposés actes de piraterie. Greenpeace ne se laissera pas intimider par des allégations absurdes, et nous demandons que le gouvernement russe relâche immédiatement nos militants.

L’Arctic Sunrise est toujours retenu au large de Mourmansk, avec 30 personnes à son bord.

Le 19 septembre, des gardes russes, armés, ont pris d’assaut l’Arctic Sunrise, le brise-glace de Greenpeace International, qui se trouve en mer de Pechora.

Ils ont procédé à l’arrestation des 30 membres d’équipage et activistes qui se trouvaient à son bord à la suite d’une manifestation pacifique menée contre les activités de forage d’une plateforme pétrolière de Gazprom en Arctique.

Mise à jour 20 septembre : pour libérer nos activistes, pour dénoncer la répression et pour dire haut et fort notre opposition aux forages en Arctique, nous avons besoin de vous. Envoyez un message à l’ambassade de Russie en Belgique !

Au moment de l’abordage, l’Arctic Sunrise se trouvait à une distance de trois miles nautiques de la plateforme Prirazlomnay. Les coordonnées au moment de l’abordage (69-19-53N : 57-16-53E) confirment que le bateau se trouvait au sein de la Zone économique exclusive (ZEE) russe.

La Convention des Nations unies sur le droit de la mer autorise les bateaux étrangers à naviguer sans entrave dans les ZEE d’un autre État. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer liste deux raisons d’abordage d’un navire : 1) suspicion de violation de la législation sur la pêche. 2) des preuves substantielles de pollution à l’environnement marin.

 Cet abordage des garde-côtes russes est donc illégal.

Les garde-côtes ont abordé le bateau de Greenpeace à partir d’un hélicoptère et au moyen de cordes. Ils ont ensuite encerclé les militants, les rassemblant sur l’héliport. D’autres militants enfermés dans la salle de radio ont indiqué avoir vu leurs collègues se faire arrêter et être maintenus à genoux avec des armes à feu pointés sur eux.

L’ensemble de l’équipage a été arrêté, et nous sommes extrêmement inquiets.
Hier déjà, des militants de Greenpeace ont été arrêtés lors d’une action de protestation sur la plateforme du géant pétrolier russe Gazprom. Voir notre billet : Greenpeace mène une nouvelle action dans les eaux russes. Deux d’entre eux, Sini et Marco, sont toujours détenus sans inculpation à bord d’un navire des garde-côtes.

Cet abordage illégal d’un bateau de contestation pacifique montre que le gouvernement russe est prêt à prendre des mesures extrêmes pour dissimuler au public les activité dangereuses auxquelles se livre Gazprom en Arctique. Greenpeace est une organisation pacifique. Ce niveau d’agression n’est en rien proportionné avec la nature de nos actes. 

(Non-inscrit ) Emmanuel dit:

0O En tant qu’artiste je n'ai qu'un discourt fort émotionnel Je ne peux vous inviter qu'a lire ce texte écrit pas moi même ...

Posté 29 septembre, 2013 à 22:45 Signaler un abus Répondre

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