C'est la crise, regardons par delà le mur nucléaire !

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Actualité - 27 août, 2012
Lettre ouverte à monsieur le Secrétaire d'État à l'Énergie, Melchior Wathelet

Monsieur le Secrétaire d'État à l'Énergie,

La découverte de fissures dans la cuve du réacteur de Doel 3 et la forte suspicion qui pèse sur celle de Tihange 2 vous a en quelque sorte placé au pied du mur nucléaire. Ce risque dénoncé de longue date par le mouvement environnemental a soudainement pris une tournure très concrète.
Heureusement, les périodes de crises ont le mérite de nous obliger à prendre rapidement les mesures qui s’imposent. Aussi, nous vous invitons à vous hisser sur la pointe des pieds et à regarder au delà du mur nucléaire...


Que pourrez-vous y voir ? Un champ de possibilités parmi lesquelles beaucoup ont été jusqu'ici négligées... Dans le Soir du 17 août dernier, vous affirmiez que la sécurité devait avoir le dernier mot. Sur ce point, nous ne pouvons que vous donner raison. Si la présence des fissures se confirme, la seule réponse possible pour assurer à la population la sécurité qu'elle est en droit d'attendre, sera la fermeture de Doel 3 et de Tihange 2. La crise ? Un secrétaire d'État clairvoyant y verra au contraire l'opportunité d'explorer des nouvelles pistes vers un futur énergétique durable.

Ce sera par exemple l'occasion de tordre le cou à quelques idées reçues – notamment en matière d'énergies renouvelables – qui ont jusqu'ici freiné l'évolution de notre paysage énergétique. Pour transformer cette crise en opportunité, il faut ajuster sa longue vue. Gérer le court terme mais surtout préparer le long terme. Comment conjuguer cette double gestion ? Nous vous proposons quelques pistes. Ne les rejetez pas d'emblée, elles mènent à un futur énergétique durable.


Faites entrer le terme “efficacité énergétique” dans votre dico perso

Notre pays dispose d’un immense potentiel d’économies d’énergie et d’efficacité énergétique. Ce filon n'a jusqu’ici pas encore été exploité. Or, il pourrait moyennant des mesures urgentes - mais réalistes - nous permettre d’éviter d'ici 2015, la production de 4 TWh, ce qui équivaut à la production d’un petit réacteur nucléaire.


Soyez l'artisan d'une meilleure gestion de l'offre et de la demande

Parallèlement, la solution pourrait venir d’une meilleure maîtrise de l’offre et de la demande. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s’est portée volontaire pour réduire la consommation de son parc industriel en cas de pic de la demande.

Les mesures d’efficacité énergétique et la gestion de la demande doivent être décidées et la concertation entre les Régions organisée de toute urgence. Confrontés à une crise sans précédent engendrée par la catastrophe de Fukushima, vos homologues japonais ont réussi à éviter le black-out et à faire tourner l’économie de leur pays sans recours à l’atome. Nous pouvons en faire autant si, pour une fois, nous allons véritablement de l’avant.


Allez prendre “un borrel” aux Pays-Bas

Rappelons aussi que la Belgique n'est pas une île et dispose de capacité d'importation des pays limitrophes. Vous avez par voix de presse rejeté la possibilité d'aller voir chez nos voisins du Nord. Pourquoi ? Les Pays-Bas seront en surcapacité d'ici 2015. Cette surcapacité évaluée à 25% pourrait même caracoler jusqu'à 124% trois ans plus tard. Et ce, selon les estimations de leur gestionnaire de réseau... Une fois encore, hissez-vous sur la pointe des pieds et ne lorgnez pas uniquement du côté de nos voisins français toujours inféodés à l'atome...


N'acceptez aucun compromis sur la sécurité

En matière de risque nucléaire, une politique transparente est plus que jamais nécessaire et entre certainement dans les prérogatives d'un Secrétaire d'État à l'Énergie. La question de la sécurité d’approvisionnement ne peut justifier aucun compromis sur notre sécurité. Si l'on regarde par delà le mur du nucléaire, on s'aperçoit rapidement qu'il s’agit d’un problème créé de toutes pièces par des décennies de tergiversations politiques.

Ainsi, si pour nous garantir un hiver confortable, vous devez mettre en œuvre le maintien en fonction de centrales au gaz comme le prévoit votre plan, faites-le. Mais ne vous laissez pas embarquer dans une gestion à la petite semaine du risque nucléaire. En gérant mieux l’offre et la demande, en organisant de vastes campagnes d’économies d’énergie, en stimulant les investissements dans des énergies vertes, la lumière ne s’éteindra pas !


Pour le milieu environnemental

Sara Van Dyck Bond Beter Leefmilieu
Christophe Schoune Inter-Environnement Wallonie
Arnaud Collignon Energy Campaigner Greenpeace

 

Publié dans le journal L'Echo, le 24.08.2012


nucléaire dit:

Monsieur x délégué de la societé x nous dit dans le journal x ,d'ou proviennent les quelques 10.000fissure de la cuve du r...

Posté 30 août, 2012 à 13:12 Signaler un abus Répondre

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