Un tableau végétal pour sauvegarder la pureté du riz

Actualité - 1 septembre, 2009
Greenpeace rends hommage au riche héritage que représente la culture du riz en Asie du Sud-Est avec une oeuvre d'art gigantesque et naturelle qui doit servir à rappeler aux gouvernements qu'il faut protéger cet aliment essentiel de la double menace du génie génétique et des changements climatiques.

Une vue aérienne du dessin réalisé par des paysans et des volontaires de Greenpeace dans les plaines centrales de Thaïlande en alternant deux variétés de riz local.

Le riz est menacé tant par les manipulations génétiques que par les changements climatiques. Cet aliment de base qui compte parmi les plus précieux de la planète mérite d'être préservé. Pour rappeler cet enjeu, une œuvre d'art particulièrement originale a été réalisée en Thaïlande, au cœur d'une plaine réputée pour la culture du riz. L'œuvre occupe une superficie de quelque 16.000 mètres carrés. Le dessin qui évoque la culture traditionnelle du riz a été composée au départ de deux variétés différentes de riz biologique. L'une d'elle est un riz local, irrigué lors de la culture et qui correspond à la couleur verte du tableau végétal, l'autre est un riz noir traditionnel.

Le 21 août dernier Greenpeace a lancé à Luxembourg-Ville - capitale européenne déclarée « sans OGM » - sa tournée « Hands off our rice » qui fera étape dans plusieurs pays de l'Union européenne. Greenpeace demande aux États membres de rejeter la proposition de la Commission européenne d'autoriser le riz OGM « LL62 » de BAYER dans l'Union européenne. Greenpeace invite personnalités politiques et grand public à signer une pétition contre l'autorisation de ce riz OGM.

Le riz c'est la vie

Le riz est un élément constitutif de la culture en Asie du Sud-Est. Il est essentiel de sauvegarder cet héritage en favorisant une agriculture durable. Ce qui revient à éviter les risques du génie génétique et à investir dans des méthodes d'agriculture écologiques qui ne font pas la part belle aux intrants chimiques. Une des pistes d'action qui pourrait être suivie par les gouvernements asiatiques serait d'interdire les plantes transgéniques et en particulier le riz OGM. Les organismes génétiques modifiés (OGM) ne présagent rien de bon pour les revenus des agriculteurs. Leur impact sur l'environnement est irréversible. La diversité qui caractérise traditionnellement le riz pourrait ainsi être définitivement mise à mal pour les monocultures préconisées par les tenants de l'agriculture transgénique. Ces risques viennent s'ajouter à la menace du réchauffement planétaire.

Le riz est la principale céréale d'Asie du Sud-Est. Cette région du monde a fourni près de 25% de la production mondiale en 2008. Dans des pays comme l'Indonésie, les Philippines ou la Thaïlande, la présence de multinationales de l'agro-alimentaire, productrices d'OGM et assoiffées de profit ne présage de rien de bon.

L'agriculture peut devenir une arme contre les changements climatiques

L'Asie du Sud-Est joue un rôle essentiel lorsqu'il est question de nourrir la planète. Cette partie du monde est également particulièrement vulnérable face aux changements climatiques. Une étude réalisée par l'/Asian Development Bank/ (ADB), publiée en avril 2009 a révélé que si rien n'est fait pour lutter contre le réchauffement planétaire, on pourrait observer un sérieux recul dans la production du riz et ce, dans des pays comme l'Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam.

L'impact des changements climatiques sur l'agriculture sera profond. La sécurité alimentaire dans de nombreux pays est concernée par ces modifications. Ce scénario pourrait se vérifier en cas de changements non prévisibles de la pluviosité ou de phénomènes métrologiques extrêmes plus fréquents. Les régions agricoles où les fermiers dépendent de l'abondance ou de la rareté des pluies pour leurs récoltes coïncident dans 70% des cas avec les zones les plus pauvres de la planète. Une réponse politique devrait être donnée à cette situation et passe par l'adoption de stratégies basées sur des techniques agricoles durables.

Le rapport Food Security and Climate (en anglais) qui passe en revue diverses études scientifiques établit que la stratégie la plus adéquate pour adapter l'agriculture aux changements climatiques est de renforcer la biodiversité agricole. Une variété de céréales et une diversité de leurs variétés naturelles dans une seule zone agricole permet d'augmenter la résistance aux schémas climatiques chamboulés par le réchauffement planétaire. La meilleure façon d'augmenter la tolérance au stress au sein d'une variété est d'utiliser des techniques modernes d'amélioration dequi n'ont pas recours au génie génétique.

Permettre à l'agriculture de s'adapter aux changements climatiques ne suffit pas. Il faut aussi tenir compte de l'impact de l'agriculture sur les changements climatiques. La production alimentaire compte parmi les grands émetteurs de CO2. Le rapport Cool Farming met en évidence des techniques destructrices propres à l'agriculture industrielle. Cette étude avance également des solutions à cet état de fait. Ces solutions, parfaitement envisageables, pourraient contribuer à réduire les changements climatiques. Leur mise en œuvre se révélerait plus efficace pour les fermiers et l'environnement que la généralisation des plantes transgéniques. Le génie génétique n'est pas compatible avec une agriculture durable et constitue un risque pour la biodiversité et probablement pour notre santé.