Tout a commencé il y a plus de deux mois, suite à une action de protestation pacifique sur une plateforme pétrolière de Gazprom en mer de Pechora.  Désormais, Greenpeace se démène pour que justice soit rendue en faveur des 28 activistes et des 2 journalistes indépendants, tous emprisonnés puis récemment libérés sous caution. Mais quel est l’impact de cette affaire sur notre campagne pour protéger l’Arctique ?

Free The Arctic 30

« D’abord, et avant tout, nous voulons libérer les Arctic 30 pour de bon, pour qu’ils puissent retrouver leurs proches le plus rapidement possible. Tout notre temps et toute notre énergie y sont consacrés », expliquait Ben Ayliffe à BBC News. En tant que responsable de notre campagne « Save the Arctic », il est pleinement concentré sur le sort des Arctic 30.

Car nos 28 activistes, ainsi que les 2 journalistes, bien que libérés sous caution, risquent toujours une peine de 7 ans de prison pour hooliganisme. L’évolution juridique de ce dossier se retrouve chaque jour, ou presque, sur les plus grands sites d’information du monde entier. De nombreuses actions de solidarité ont été organisées pour les Arctic 30, également devant les ambassades russes et consulats, avec un message très clair : « Free The Arctic 30 ».

Le message

Mais à travers la situation des Arctic 30, un message sous-jacent est également délivré : un déversement de pétrole suite à des opérations de forage en Arctique semble inévitable et constituerait une véritable catastrophe environnementale.

Un message tout aussi important, qui est lié à notre campagne pour libérer les Arctic 30. C’est l’autre face d’une même médaille. D’un côté, nous évoquons les charges disproportionnées qui pèsent sur les Arctic 30 et de l’autre, nous rappelons à tout le monde que nos activistes ont, au départ, agi pour protéger l’Arctique.

Les gens regarderont-ils désormais Greenpeace d’un autre œil ? J’espère que non. Les gens nous soutiennent car ils adhèrent à nos valeurs et à nos méthodes. On ne peut cependant pas exclure la possibilité que cette affaire ait un impact… qui ne sera cela dit pas forcément négatif. Si toute l’attention dont nous bénéficions en ce moment pour les Arctic 30 se dirige, ne fut-ce que de façon minime, vers les questions environnementales, la répercussion sera déjà plus forte que lors d’une « action classique ». Une maigre consolation pour ceux qui sont toujours retenus en Russie. Mais à travers les lettres qu’ils ont pu écrire dans leur cellule, les Arctic 30 ont réitéré, à 100%, leur engagement envers l’action pacifique menée au mois de septembre. On en a encore eu la preuve lors de la sortie de prison d’Ana Paula. Lorsqu’elle fut libérée sous caution, la Brésilienne arborait un morceau de papier sur lequel on pouvait lire « Save The Arctic ».

Il est toutefois évident que personne ne devrait être mis en détention provisoire durant deux mois pour avoir mené une action de protestation pacifique. Et encore moins avec le risque d’être sanctionné d’une peine de 7 ans de prison.

Entreprises pétrolières

Et que dire alors des entreprises pétrolières comme Shell et Gazprom qui, à travers cette affaire, ont Greenpeace dans le viseur ? « A travers leurs plaintes contre les activistes de Greenpeace, les autorités russes ont surtout causé des dommages à l’industrie pétrolière et à leur propre pays », estime Anthea Pitt, rédacteur en chef du magazine Petroleum Economist.

Sur le long terme, la chose la plus importante pour nous est que notre message soit entendu. Les gens doivent être conscients que forer pour du pétrole en Arctique ne peut qu’accélérer le réchauffement climatique et qu’une catastrophe pétrolière dans cette unique région n’est qu’une question de temps.

Cette procédure judiciaire à l’encontre des Arctic 30 ne signifie nullement la fin de notre campagne pour sauver l’Arctique. Mener une action fait partie de l’ADN de Greenpeace. Le nœud du problème demeure le même : les grandes compagnies pétrolières veulent toujours prendre plus de risques pour récolter les dernières gouttes de pétrole. Nous ne nous laisserons dès lors certainement pas intimider par ce qu’il se passe en Russie.

Mais répétons-le encore une fois : à l’heure actuelle, le plus important est que les Arctic 30 puissent tous rentrer chez eux, auprès de leurs proches et que cette accusation absurde de hooliganisme soit levée.